Nouvelle Citroën 2 CV : ce qu’elle promet !

La nouvelle Citroën 2 CV sera officiellement dévoilée ce dimanche 11 octobre en fin d’après-midi. Voici ce que promet la future star des milieux urbains.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Citroën

La 2 CV est de retour : l’icône électrique à 15 000 €

En bref :

  • Une légende ressuscitée : La « Deuche » fait son grand retour en 2028 dans un costume zéro émission proposé sous le seuil psychologique des 15 000 €.
  • Un design fidèle au mythe : Phares saillants, capot ondulé et poupe en fer à cheval se réapproprient les lignes originelles en les adaptant aux exigences modernes.
  • L’électrique pour tous : Façonnée sur une architecture inédite à bas coût, cette citadine populaire ambitionne de redonner de l’air au marché automobile européen.

Dévoilée sous forme de concept lors du Mondial de l’Auto de Paris avant une commercialisation prévue pour 2028, cette silhouette « néo-rétro » entend démocratiser à nouveau la mobilité pour tous. L’onde de choc fait déjà frissonner le monde de l’automobile : la voiture la plus emblématique du patrimoine français prépare sa métamorphose. Avant sa révélation officielle au Mondial de l’Auto de Paris, une série de détails visuels (dévoilés sur le compte Instagram de Citroën) vient confirmer que la future 2 CV moderne restera viscéralement fidèle à l’esthétique de son ancêtre. Attendu sur les routes à l’horizon 2028, ce modèle urbain à l’empreinte environnementale neutre ambitionne de faire voler en éclats le mur des prix en s’affichant dès 15 000 €.

Les clichés distillés au compte-gouttes dévoilent déjà des optiques de phares saillantes, habilement sculptées entre le cercle et le rectangle pour ressusciter le regard si caractéristique d’antan. Le capot arbore des nervures métalliques qui reproduisent la tôle ondulée de la Seconde Guerre mondiale, tandis que les poignées de porte minimalistes, le lettrage « Michelin » rétro incrusté sur le flanc des pneumatiques et le rappel de clignotant sur le montant arrière multiplient les clins d’œil affectueux. Autre rappel à l’histoire : Citroën pousse le détail jusqu’à mettre en scène une boîte d’œufs parmi les visuels proposés, rappelant que la grand-mère de cette citadine avait été conçue pour traverser un champ labouré sans briser un seul œuf dans son panier.

La philosophie de la « Deuche » propulsée dans le futur

Lors de la présentation aux investisseurs du groupe Stellantis, le directeur de la marque Citroën, Xavier Chardon, a déclenché une salve d’applaudissements enthousiastes : « Les icônes créent de l’émotion. Elles recréent du lien entre les marques et les gens, et aujourd’hui, l’une d’entre elles s’apprête à faire son grand retour. Oui, la 2 CV revient. »

Loin d’un simple coup de marketing nostalgique, la future silhouette de série honorera la physionomie de son aïeule. Grâce à son toit perché dans les cieux, l’habitacle promet une praticité maximale dans un gabarit compact sous la barre des quatre mètres. Plus courte que la C3, la nouvelle venue viendra chasser sur les terres de la future Renault Twingo et de la Kia EV1.

Xavier Chardon rappelle avec conviction la mission historique du véhicule : « En 1948, la 2 CV a offert la liberté de se déplacer à des millions de personnes. Quatre-vingts ans plus tard, la nouvelle 2 CV va démocratiser la mobilité électrique. 100 % électrique, fabriquée en Europe et sous la barre des 15 000 euros. Une vraie voiture du peuple, conçue pour la vraie vie. » Assemblée dans l’usine italienne de Pomigliano d’Arco aux côtés de la Fiat Panda, cette citadine s’inscrit au cœur du plan stratégique « FaSTLAne » de 60 milliards d’euros. « Pour moi, l’avenir de la mobilité ne sera pas remporté par les voitures les plus complexes, mais par les plus simples et les plus intuitives, conclut le dirigeant. Avec le retour de la 2 CV, Citroën fait un retour vers le futur. »

Un coup de crayon néo-rétro guidé par le bon sens

Sous la houlette de Pierre Leclercq, le bureau de style de la marque aux chevrons s’est affairé à sublimer ce prototype. Le succès fulgurant de la Renault 5 prouve la puissance de la démarche « néo-rétro ». Le designer rappelle d’ailleurs les tentatives passées, à l’image du concept Revolte de 2009 : « Nous avons tous essayé de recréer la 2 CV. C’était une interprétation moderne d’une 2 CV et c’était super cool. Si vous pensez à la 2 CV, une voiture abordable pour les campagnes, il est crucial d’en préserver la philosophie et les valeurs. Si l’on peut la réinterpréter dans un véhicule d’aujourd’hui, alors allons-y. »

Pour Xavier Chardon, il ne s’agit pas de sombrer dans une fétichisation du passé : « La nostalgie pour la nostalgie n’est pas une baguette magique. Pour moi, le plus important est de comprendre la raison d’être de la voiture à l’époque. Le but de la 2 CV était d’offrir la mobilité aux masses après la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait de transporter quatre agriculteurs sous un même toit et de pouvoir charger 50 kg de pommes de terre. Dans les années à venir, je remplacerai peut-être l’agriculteur par une infirmière. »

Une architecture sur mesure pour démocratiser l’électrique

Contrairement à la plate-forme « Smart Car » dédiée aux C3 et Fiat Grande Panda, la future 2 CV et sa cousine italienne reposeront sur l’architecture dédiée « E-Car », développée spécifiquement pour serrer les coûts. Ce châssis recevra des batteries lithium-fer-phosphate (LFP) très économiques, conçues en partenariat avec le constructeur chinois Leapmotor.

Face à la Renault Twingo et son moteur de 80 ch, la 2 CV devra s’inscrire dans le nouveau cadre européen de la catégorie « M1E ». Ces réglementations imposeront une longueur inférieure à 4,20 mètres et un assemblage sur le sol européen pour bénéficier d’aides. La gigafactory de Saragosse en Espagne, fruit d’une alliance de 4,1 milliards d’euros entre Stellantis et CATL, fournira les accumulateurs dès la fin de l’année 2026.

L’objectif ultime est d’alimenter le marché en véhicules abordables sous le plafond des 25 000 € hors subventions. Xavier Chardon pointe du doigt cette urgence sociale : « Il nous manque toujours trois millions d’acheteurs de voitures neuves par an en Europe depuis la pandémie de Covid. Et la majeure partie de ce déficit, disons 60 %, s’explique simplement par le fait qu’il n’existe plus aucun véhicule sous la barre des 15 000 euros. Je pense qu’il est primordial pour la marque d’apporter une réponse en proposant un véhicule électrique sous ce seuil. Je confirme que nous y travaillons. » Le rendez-vous est pris : l’icône populaire entrera en chaîne de montage dès 2028.

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