Essai Kia EV4 : la meilleure autonomie de la catégorie
Avec une autonomie de 625 km, la Kia EV4 est la berline électrique offrant le plus grand rayon d’action de la catégorie. Compacte mais habitable, elle cumule toutes les qualités d’un véhicule à batterie de nouvelle génération.
Didier LAURENT – Photos ©DR
Avec l’EV4, Kia franchit une étape stratégique : proposer une berline compacte 100 % électrique, destinée au cœur du marché européen. Après les EV6, EV9, EV3, et avant les EV5 et EV2, la marque coréenne attaque désormais le segment C. L’EV4 se distingue par son design géométrique et audacieux, qui traduit la volonté du constructeur coréen d’imposer un style reconnaissable, quitte à prendre le risque d’être clivant. A noter que l’EV4 est fabriquée dans l’usine européenne de Kia en Slovaquie, qu’elle se destine au marché européen et bénéficie des aides en vigueur.




Deux batteries pour tous les usages
La gamme s’articule autour de deux capacités de batterie :
- 58,3 kWh pour une autonomie d’environ 425 à 440 km WLTP (cycle mixte).
- 81,4 kWh pour atteindre jusqu’à 625 km WLTP, ce qui est un record dans la catégorie.
Toutes les versions utilisent le même moteur électrique, qui anime les roues avant selon une puissance de 204 ch et un couple de 283 Nm. Un choix certes restreint, mais qui permet de pallier la majeure partie des demandes. A noter qu’une version à 4 roues motrices (deux moteurs) tout comme une livrée sportive GT pourraient venir grossir les rangs au cours des prochains mois. L’EV4 est également proposée avec une carrosserie Fastback, plus longue, qui correspond davantage au goût de la clientèle d’Europe de sud. Kia considère que cette carrosserie ne représentera que 5% des ventes d’EV4 sur le marché tricolore.


De l’espace à revendre
Longue de 4,43 m, l’EV4 se présente comme une berline au coeur de la catégorie des berlines compactes. Les Peugeot 308 et Opel Astra font 4,37 m de long, une MG 4 annonce 4,40 m. À l’intérieur, l’EV4 fait en revanche la différence avec une habitabilité supérieure. A l’avant l’impression d’espace est réelle et l’agencement, repris du SUV EV3, favorise cette sensation. La planche de bord enchaine trois écrans (12,3″ + 5,2″ + 12,3″) et la console centrale est pratique à utiliser. Le nouveau volant, avec le logo de la marque du le côté du couvercle d’airbag, contribue à souffler un vent de nouveauté. A l’arrière l’habitabilité tire profit de l’empattement étiré à 2,82 m : les passagers ont énormément de place aux genoux, bien plus que dans n’importe quelle autre voiture de la catégorie. C’est assez inédit à bord d’une voiture de cette dimension. Et cet espace ne se gagne pas au détriment du volume de coffre, lequel affiche 435 litres. C’est tout simplement l’une des meilleures valeurs de la catégorie, alors qu’un coffre « Frunk », sous le capot avant, permet de loger le câble de recharge.



Au volant, la douceur domine
Sur route, la Kia EV4 surprend d’abord par son confort. Alors que nombre de voitures électriques sont affublées d’un ressenti de poids dans le châssis, qui se manifeste surtout en virage, c’est ici beaucoup moins le cas. On ne retrouve pas totalement la légèreté de certaines berlines thermiques, mais il convient d’admettre que l’EV4 témoigne de progrès dans ce domaine. Le poids est pourtant toujours bien là mais il se ressent moins, également grâce au fait que l’EV4 est une berline, logiquement plus basse qu’un SUV. A bord, tout est doux : la direction, les commandes, et même la pédale de frein, qui ne se montre pas trop artificielle en conduite normale. Disons-le tout de suite, malgré une puissance honorable de 204 ch l’EV4 n’est pas une sportive. Au contraire, elle prend soin de ses passagers, maitrise son roulis, mais ne se montre pas la plus dynamique lorsque le rythme d’accélère. Néanmoins, il est important de souligner que l’arrivée de la puissance est bien gérée (à vérifier aussi sur sol mouillé), au service de l’agrément. En synthèse l’EV4 offre un compromis intéressant entre confort et comportement routier, et en ville elle fait merveille grâce, entre autre, à la régénération modulable sur quatre niveaux (par des palettes au volant).


Autonomie et recharge : la référence
L’atout majeur de l’EV4 réside dans son efficience énergétique. Lors de notre essai, nous avons constaté une consommation moyenne de 15 kWh/100 km sur un parcours mixant les profils (ville, voies rapides et routes de campagne vallonées). C’est un bon score, qui laisse augurer d’une autonomie réelle de 500 km avant de de devoir recharger. L’EV4 est dotée en série d’un chargeur embarqué de 11 kW, et peut accepter jusqu’à 128 kW en courant continu. Ce chiffre brut n’est pas très différenciant de la concurrence, mais les experts de la marque nous ont expliqué l’importance du travail réalisé sur la courbe de charge, laquelle doit rester au plus haut jusqu’à 80 % de batterie. Il semblerait que l’EV4 fasse partie des bons élèves en la matière, et annonce 31 minutes pour passer de 10 à 80 % de batterie. A titre de comparaison, la Peugeot E-308 demande 32 minutes pour le même exercice, mais sa batterie ne fait que 51 kWh, contre 81,4 kWh (valeurs nettes) pour l’EV4.
Combien coûte la Kia EV4
La Kia EV4 débute à 38 290 € en version d’entrée de gamme “Air” avec la petite batterie de 53,1 kWh. La version « grande autonomie » (81,4 kWh) s’échelonne entre 42 890 € et 46 990 € selon la finition (Air, Earth, GT-Line). Face à la Peugeot E-308 (156 ch, 450 km WLTP, qui démarre à 39 750 €), l’EV4 fait valoir une puissance supérieure, une autonomie nettement plus importante et un équipement de série plus riche. Son rapport prix/prestations s’annonce donc particulièrement compétitif, même si de nombreux automobilistes ne sont pas encore prêts à dépenser 40 000 € ou plus pour une voiture neuve, notamment à batterie. Il leur reste alors la pirouette de la LLD, qui permet de ne financer qu’environ la moitié de la valeur du véhicule pour rouler dans un modèle dernier cri.


