Essai Tiggo 7 HEV : peut-on faire confiance à un C-SUV à 26 990 euros ?
Le Tiggo 7 est l’une des deux voitures par lesquelles la marque Chery est entrée officiellement sur le marché français, en septembre 2026, aux côtés du Tiggo 8. Ce SUV compact de 4,55 m, est proposé au choix en hybride simple ou en hybride rechargeable, à partir de 26 990 euros. Le positionnement tarifaire est son argument principal. Mais ce n’est pas le seul.
Chery arrive en France
Chery n’est pas une marque nouvelle, même si elle l’est pour le public français. Fondé en 1997, le groupe chinois revendique 18 millions de véhicules écoulés sur 120 marchés, dont 5,8 millions à l’export, et se présente comme le premier exportateur automobile chinois depuis 23 années consécutives. En 2025, la production a atteint 2,8 millions d’unités, en hausse de 7,8 %, dont 1,3 million vendues hors de Chine, soit une progression de 17,4 %. Le groupe a gagné 152 places au classement mondial des grandes entreprises, passant de la 385e à la 233e position.
En France, le déploiement suit celui d’OMODA & JAECOO, lancé en avril 2026 et crédité de plus de 7 000 immatriculations en août. Chery s’appuie, à ce jour, sur 56 points de vente répartis dans 44 départements, dont 26 tenus par des investisseurs déjà engagés sur OMODA & JAECOO, avec un objectif de 90 concessions fin 2026. Le Tiggo 4 doit suivre en octobre. Il semblerait que le prix soit un peu supérieur à 22 000 euros. Le contexte est celui d’un marché atone, en hausse de 2,6 % seulement depuis janvier, où la croissance se concentre sur les segments les plus accessibles.

Deux hybrides, un seul bloc 1.5 turbo
Le Tiggo 7 s’appuie sur la technologie CSH (Chery Super Hybrid), déclinée en deux versions qui partagent la même architecture : un moteur thermique de cinquième génération de 143 chevaux, une transmission 1DHT à un seul rapport et un moteur électrique de 204 chevaux.
La version hybride non rechargeable développe au total 224 chevaux pour 295 Nm de couple combiné, avec une batterie de 1,83 kWh. La consommation mixte WLTP est annoncée à 5,7 L/100 km. Nous avons constaté 5,2 litres sur l’ensemble du trajet, dont une partie menée sur un bon rythme. Le 0 à 100 km/h demande 8,7 secondes et la vitesse maximale est de 175 km/h. Par contre, lors des dépassements, on a noté un moent de « latence » pour ce qui est de l’arrivée de la puissance. Un manque de réactivité qui peut susprendre.
La version hybride rechargeable dispose de 279 chevaux et 365 Nm de couple (comme les cousins OMODA 7 et JAECOO 7). La batterie de 18,4 kWh permet d’annoncer une autonomie électrique de 90 km, et le réservoir de 60 litres permet de parcourir jusqu’à 1 200 km.
Tarifs : le nerf de la guerre
Le Tiggo 7 HEV se décline en deux finitions, Comfort et Unique, sur chacune des deux motorisations.
Comfort : 26 990 euros
Unique : 28 990 euros
L’écart entre les deux finitions est de 2 000 euros et il vous appartient de juger si les équipements supplémentaires de la version Unique méritent de dépenser plus. Mais face à la concurrence hybride, le Tiggo 7 HEV démarre 2 000 € sous l’entrée de gamme du Dacia Bigster Expression HEV (29 990 euros), 3 000 euros sous le Renault Austral Evolution (41 990 euros en Techno, l’entrée hybride se situant plus bas), et très nettement sous les Hyundai Tucson Intuitive (40 350 euros), Peugeot 3008 Allure (40 500 euros) ou Citroën C5 Aircross Plus (37 990 euros). Seul le MG EHS Comfort, à 32 490 €, joue dans une zone comparable, mais en hybride rechargeable.
Le rapport prix/prestation/équipement est imbattable.
Un dessin sobre plutôt qu’un manifeste
Avec 4,55 m de long, 1,86 m de large et 1,69 m de haut pour un empattement de 2,67 m, le Tiggo 7 reste dans les standards du C-SUV familial. Le traitement stylistique est moderne mais pas novateur.
La poupe est plus travaillée, avec un bloc de feux arrière monobloc pleine largeur, une signature lumineuse à LED et un becquet aérodynamique. Les rails de toit sont de série dès la finition Comfort, les vitres arrière teintées arrivant avec la finition Unique.





À bord du Tiggo 7
Le coffre offre 484 litres, extensibles à 1 500 litres banquette rabattue, avec un hayon motorisé de série sur toute la gamme. La planche de bord associe un combiné numérique de 12,3 pouces à un écran central de la même taille, avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil. Ce type de design peut sembler un peu « ancien » par rapport à celui du Tiggo 8, qui adopte un écran central « flottant », mais il ne faut pas perdre de vue que le « 7 » n’est pas au début de sa carrière et qu’il a été lancé il y a trois ans sur les autres marchés. La présence de commandes des vitres et des rétroviseurs sur la porte est une bonne chose.
Par contre, le système hifi n’est pas terrible. Pensez à le tester avec votre playlist préférée.
L’affichage tête haute est le seul absent notable de la liste, là où le Tucson et le C5 Aircross le proposent de série sur leurs finitions hautes. Tous les modèles bénéficient d’une garantie de 7 ans ou 150 000 km, portée à 8 ans ou 160 000 km sur les composants électriques. L’assistance routière 24 h/24 et 7 j/7, assurée en partenariat avec Allianz, est incluse sur la même durée.





Verdict essai Tiggo 7 :
Un SUV hybride de 224 chevaux avec un design moderne, vingt aides à la conduite (certaines sont exaspérantes et peuvent être déconnectées), et une très longue liste d’équipements de série pour « seulement » 26 990 euros… il vous sera difficile de trouver moins cher sur le marché actuellement.
Il reste la question de fond, celle de la valeur résiduelle et de la confiance d’un marché français qui découvre la marque, à laquelle Chery répond par sept ans de garantie, un réseau en plein développement et un stock de pièces installé sur le territoire. Et des locations longues durées qui devraient être bien placées.
Texte : P. HORTAIL
Photos : DR
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