Ferrari 365 GT4 Berlinetta Boxer : initiales « BB »
Un nom de baptême officiel mais un secret bien gardé
Quand la 365 GT4 BB fut dévoilée au Salon de Turin 1971, son nom officiel devait masquer ce surnom romantique. Officiellement, « BB » signifiait « Berlinetta Boxer » :
- « 365 » pour la cylindrée unitaire (4,4 litres au total),
- « GT » pour Gran Turismo,
- « 4 » pour les quatre arbres à cames en tête (deux par rangée de cylindres).
Mais cette explication était trompeuse. D’abord, une « Berlinetta » désignait traditionnellement une voiture à moteur avant, pas une supercar à moteur central. Ensuite, le moteur n’était pas un vrai boxer : un V12 à 180 degrés n’a pas la même architecture qu’un boxer pur, où les pistons s’opposent comme dans une Porsche 911. Un vrai boxer ne pourrait d’ailleurs pas supporter les régimes extrêmes d’un 12 cylindres Ferrari, directement dérivé du moteur de F1 312B.
La 365 GT4 BB fit sensation, tout comme son égérie. Le chanteur Jorge Veiga résumait cette fascination dans sa chanson : « BB, BB, BB… Pourquoi tout le monde te regarde-t-il autant ? » La réponse était évidente : comme Brigitte Bardot, cette Ferrari attirait tous les regards. Elle incarnait l’audace, la beauté et la rupture avec les conventions, tout comme l’actrice française.


Un design avant-gardiste inspiré des concept-cars
La partie avant de la 365 GT4 BB s’inspirait directement du Pininfarina P6, un concept-car à moteur central présenté au Salon de Turin 1968. La section inférieure du nez arborait une grille en aluminium en forme d’œuf, intégrant des phares et des clignotants encastrés, tandis qu’un liseré chromé soulignait le contour de la carrosserie, séparant visuellement les parties haute et basse. Cette finition était encore plus marquée avec la peinture noire satinée en bas de caisse, une option qui devint emblématique sous le nom de « Boxer ».


Au-dessus du nez, un bloc optique avant monobloc incliné vers l’avant abritait des clignotants encastrés et des phares rectangulaires escamotables, encadrés par des butoirs en aluminium. Les feux arrière, hérités de la 365 GTC4, étaient logés dans un panneau ajouré, avec des tuyaux d’échappement traversant de part en part. La section vitrée adopte un profil en larme, avec une lunette arrière plate et un aérofoil noir discret, une première pour une Ferrari de route. L’espace pour les bagages était minimal, relégué derrière une roue de secours et des filtres à air.
Les portes, en acier et fibre de verre, et les ailes avant en aluminium, renforçaient le caractère high-tech de ce modèle. Malgré son angle de pare-brise très incliné, une bande de protection teintée était intégrée en haut du pare-brise, abritant même une antenne radio. Avec ses lignes futuristes et ses détails fonctionnels, la 365 GT4 BB a marqué l’histoire du design automobile. Une preuve que, même dans les années 70, Ferrari et Pininfarina savaient allier performance et élégance intemporelle.






