12 Heures de Sebring 2026 : la France qui gagne
Il y avait deux pilotes français engagés dans la catégorie reine de la 74ème édition des 12 Heures de Sebring, et les deux ont fini aux deux premières places. La troisième marche du podium est occupée par une Cadillac. Dans les autres catégories les Français ont aussi été au rendez-vous.
Remporter la plus ancienne course d’Endurance des Etats-Unis, c’est une performance que Julien Andlauer, ici accompagné de Felipe Nasr et Laurin Heindrich, peut ajouter à son palmarès. Et c’est aussi de bon augure après leur victoire à Daytona fin janvier. A Sébring ils devancent Kevin Estre, Laurens Vanthoor et Matt Campbell, Estre ayant déjà gagné sur le tracé floridien, mais en WEC, lors des 1 000 Miles de Sebring en 2022. Le point commun entre les deux français ? Ils pilotent tous les deux une Porsche 963 (#7 pour la première, déjà victorieuse en 2025, et #6 pour la seconde) du team Penske Motorsport. Le constructeur allemand bien a arrêté l’Endurance mondiale (WEC) mais pas l’IMSA, le marché américain étant jugé plus porteur d’un point de vue marketing. Et il faut dire que le deux voitures sœurs ont largement été exposées durant la course, même si la pole position (réalisée par Jack Aitken sur une Cadillac) leur avait échappé. D’ailleurs, après 12 heures de course mais aussi d’un bon nombre de neutralisations, seulement 1,5 s séparait les deux voitures à l’arrivée, la 3ème place revenant à la Cadillac de Ricky Taylor, Felipe Albuquerque et Will Stevens, à seulement 10 secondes de la voiture de tête.
Andlauer vainqueur modeste
Avant le départ des 12 Heures de Sebring, Julien Andlauer était-on ne peut plus discret sur le fait qu’il était favori. « C’est vrai que je fais partie des vainqueurs des plus grandes courses, comme Daytona ou Le Mans (en 2018, en GTE Am, Ndlr) nous a confié très calmement le pilote tricolore. « Mais Je ne piloterai pas mieux ce week-end pour autant. » Est-ce que cette expérience de la gagne ne permet pas d’envisager certaines courses plus sereinement ? « Sebring, c’est une course très intense, avec une piste étroite qui te pousse à la faute à tout moment. » continue le lyonnais de 26 ans. « Un podium serait déjà bien, et pourquoi pas sur la plus haute marche ? » Son vœu a donc été exaucé. Il faut dire que la course a été outrageusement maitrisée par les deux Porsche, ne laissant que les miettes aux Cadillac, aux BMW et l’Aston Martin, laquelle termine en 20ème position, derrière les LMP2.

Les nouveaux pneus Michelin ont convaincu
Lancée à Daytona, la nouvelle gamme Endurance du manufacturier tricolore tâtait pour la première fois du béton de Sebring. Entre une montée en température plus rapide et une constance annoncée comme « encore meilleure », les promesses étaient belles, et elles ont été tenues. Le caractère instable de la piste posait des questions, mais les pilotes de la catégorie GTP ont été unanimes. « Michelin a fait du bon boulot », assure Andlauer ». Cette nouvelle gomme est plus polyvalente et plus constante, je pense même qu’on en a tiré davantage de profit qu’à Daytona en termes de performance pure. » Et comme en sport automobile le chrono fait autorité, il semblerait que les équipes GTP soient ravi. Le gain de temps par relais a été estimé à « au moins cinq secondes » par les écuries. Certaines ont également signalé une plus grande facilité à conserver les mêmes gommes pendant deux relais, exercice incontournable au regard de l’allocation pneumatique réglementaire, mais aussi d’un point de vue stratégique afin de garder des pneus frais pour la dernière heure de course. A Sebring, c’est aussi l’ajustement des pressions en fonction de la température du sol qui a fait la différence. Car si en pleine après-midi le bitume a dépassé 45°C, les relevés faits en fin de course montraient plutôt 22°C. Et comme pour cette épreuve les pilotes n’avaient droit qu’à une seule sorte de gomme (Medium), il leur a fallu composer avec la gestion de la dégradation, souvent plus faible quand le sol est plus frais, mais aussi les pressions pour profiter d’un maximum de grip dans toutes les situations. Et quand on voit les bagarres à couteau tiré qui ont eu lieu jusqu’à l’arrivée, on comprend pourquoi il faut avoir confiance en ses pneus !

La France multiplement mise à l’honneur
Dans les autres catégories, on note aussi la 3ème place de Tristan Vautier en LMP2, et la victoire de Lilou Wadoux (Ferrari 296 GT3) dans la catégorie GTD, remportée grâce à la ténacité de son coéquipier Antonio Fuoco, qui a pris la tête de la catégorie dans le dernier tour. Signalons enfin que les deux 963 du team Porsche Penske Motorsport ont signé un doublé retentissant, le départ de la course a été donnée par Roger Penske en personne. La légende du sport automobile américain, âgé de 89 ans, est encore très actif et très apprécié partout aux Etats-Unis.
La prochaine manche du championnat IMSA se déroulera à Long Beach (Californie) les 17 et 18 avril.


