La gigafactory chinoise de BYD surpasse celle de Tesla

Face à Tesla, BYD applique une recette sans détour : produire toujours plus, toujours plus grand. Et pour cela, sa plus grande usine s’agrandit encore.

Texte : Gaël Angleviel / Images : BYD Media

BYD agrandit son usine pour surpasser Tesla

Le constructeur chinois de véhicules électrifiés multiplie les usines et les points de vente à travers le monde, et les dernières images satellites révèlent l’ampleur spectaculaire prise par l’un de ses sites industriels majeurs en Chine, désormais bien plus vaste que la Gigafactory texane de Tesla. Les travaux de la gigantesque usine de Zhengzhou ont débuté à la fin de l’année 2021, pour une mise en production intervenue en avril 2023. En à peine deux ans, le site s’est imposé comme un pilier stratégique pour BYD. Selon la presse locale, l’usine aurait assemblé près de 545 000 véhicules l’an dernier, à un rythme vertigineux d’environ une voiture par minute.

Cette montée en puissance ne montre aucun signe de ralentissement. En mai, le média public China Daily indiquait que BYD prévoyait de recruter 20 000 salariés supplémentaires au premier trimestre, portant les effectifs du site à environ 60 000 employés dès février. Des images satellites fournies par Vantor et Planet Images suggèrent que la surface du complexe a plus que doublé depuis juillet 2023, reléguant au second plan la plus grande usine de Tesla, située à Austin.

Entre août et octobre, BYD a par ailleurs obtenu des autorisations environnementales conditionnelles pour plusieurs projets d’extension, d’après des documents officiels consultés par Business Insider. Ceux-ci comprennent l’agrandissement d’une ligne de production de batteries opérée par la filiale Zhengzhou Fudi Battery Co, une nouvelle unité de fabrication de moules et une ligne dédiée aux plaques de protection de batteries. Ce dernier investissement, estimé à 16 millions de dollars, permettrait de produire des composants destinés à 4,7 millions de véhicules par an.

L’analyse des images satellites laisse apparaître une emprise totale d’environ 22,5 km² pour le site de Zhengzhou, contre quelque 3,53 km² pour la Gigafactory d’Austin. Ni BYD ni Tesla n’ont souhaité commenter officiellement ces chiffres. À terme, BYD ambitionne de porter la capacité annuelle de Zhengzhou à 1,8 million de véhicules, un volume supérieur à la production totale de Tesla sur l’ensemble de ses usines l’an dernier, selon les médias chinois.

Une expansion dans un contexte plus tendu

Cette frénésie de construction intervient toutefois dans une phase plus délicate pour le constructeur. Après plusieurs années de croissance fulgurante, BYD fait face à un ralentissement de ses ventes. L’entreprise de Shenzhen avait dépassé Tesla et les marques occidentales comme Volkswagen pour devenir le premier vendeur automobile en Chine, grâce à une gamme de modèles électriques et hybrides abordables, à l’image de la Seagull proposée autour de 8 000 dollars.

Mais les ventes ont reculé pour la première fois en 18 mois en septembre, puis de nouveau en octobre. Au troisième trimestre, BYD a également annoncé une chute de 33 % de ses bénéfices. La reprise d’une guerre des prix sur le marché chinois, extrêmement concurrentiel, pèse sur les volumes, tandis que les résultats sont affectés par un durcissement des règles gouvernementales sur les remises et par des retards de paiement aux fournisseurs.

Malgré ces turbulences, BYD a dépassé Tesla cette année en tant que premier vendeur mondial de véhicules 100 % électriques. Le groupe mise sur son offensive à l’international pour compenser les tensions sur son marché domestique. En Europe, les ventes de BYD auraient bondi de 300 % depuis le début de l’année, alors que celles de Tesla chutent nettement. Le constructeur chinois prévoit d’ouvrir 1 000 nouveaux points de vente sur le continent d’ici la fin de l’an prochain.

Cette stratégie industrielle ne se limite pas à la Chine. BYD investit également dans de nouvelles usines en Hongrie et en Turquie afin de localiser sa production et contourner d’éventuelles barrières douanières. Le groupe est déjà implanté industriellement au Brésil, en Thaïlande et en Indonésie, et s’est même doté d’une flotte de gigantesques navires porte-voitures pour exporter ses modèles aux quatre coins du globe. Plus qu’une simple expansion, BYD orchestre une démonstration de force industrielle, convaincu que l’échelle et la maîtrise de la production resteront des armes décisives dans la bataille mondiale de l’électrique.

Oh bonjour 👋
Ravi de vous rencontrer.

Inscrivez-vous pour recevoir une fois par semaine du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !