Lancia Gamma : de retour sous les traits d’une Peugeot !

La Lancia Gamma ressuscite, mais les puristes de la marque italienne risquent de ne pas la reconnaître. Fini l’élégant coupé deux portes des années soixante-dix : le nouveau fer de lance de Lancia se réincarne en SUV fastback surélevé, sur une base de Peugeot 3008.

Texte : Gaël Angleviel / Images : groupe Stellantis

Gamma, encore un badge historique défiguré par un SUV

En bref :

  • Nouveau coupé-SUV basé sur la plateforme STLA Medium de Stellantis, partagée avec la Peugeot 3008.
  • Motorisations hybride (145 Ch) et 100 % électrique disponibles, avec jusqu’à 740 km d’autonomie.
  • Version sportive Gamma HF Integrale annoncée avec 370 Ch et transmission intégrale.
  • Produite en Italie, à l’usine Stellantis de Melfi, aux côtés de la future Delta (2028).
  • Pas de retour au Royaume-Uni prévu pour l’instant.

La Lancia Gamma est de retour mais pour ceux qui chérissent la mémoire de la fantasque marque italienne risquent de ne pas la reconnaître. Plutôt qu’un coupé deux portes à l’élégance sculpturale, le nouveau vaisseau amiral de la marque renaît sous les traits d’un coupé-SUV surélevé, dont la silhouette évoque sans détour celle d’une Peugeot 3008 rebadgée. La Gamma originale avait fait son entrée en scène en 1976, déclinée en coupé deux portes ou en fastback quatre portes au galbe singulier, la « Berlina », comme on dit en italien. Les deux versions portaient la signature de Pininfarina.

Le nouveau modèle, lui, a troqué la grâce florentine contre la forme aujourd’hui omniprésente du coupé-SUV (et fastback) une métamorphose similaire à celle qu’a connue la Ford Capri lors de sa propre résurrection. Il faut dire que la Lancia semble partager ses fondations avec la Peugeot 3008, dont elle reproduit le profil élancé. Les dimensions parlent d’elles-mêmes : 4,67 mètres de long, 1,89 mètre de large, 1,66 mètre de haut, quasiment superposables à celles du lion français.

À l’avant, la nouvelle Gamma arbore un nez lisse et arrondi, traversé par un feu de circulation diurne à trois barres que Lancia baptise « le calice », une signature déjà aperçue sur la dernière Ypsilon. Les blocs optiques principaux s’enchâssent plus bas dans le bouclier, tandis que la « bouche » intègre ce qui ressemble à des volets aérodynamiques actifs, gage d’une meilleure efficience. Sur les flancs, la Gamma offre davantage de sculpture que la 3008, dont les lignes sont plus anguleuses. Les poignées de portes avant sont affleurantes ; celles de l’arrière se dissimulent dans le montant C triangulaire, un clin d’œil, peut-être, à la Gamma Berlina des années soixante-dix, même si la Peugeot utilise un subterfuge très comparable.

Un arrière soigné, un intérieur franchement original

À l’arrière, on retrouve un bandeau lumineux fin similaire à celui de la façade, une lunette fortement inclinée, un aileron à double dérive et un grand lettrage « Lancia » courant d’un bord à l’autre du hayon, une signature qui ne laisse aucun doute sur l’identité de la voiture. À bord, la nouvelle Gamma se montre plus excentrique que ses cousines Peugeot, Vauxhall, Citroën et DS. Sa pièce maîtresse : une petite « table basse » bordée de cuir intégrée dans le tableau de bord, qui fait office de chargeur à induction pour le smartphone. Deux grands écrans trônent à leur place habituelle, des touches apparemment sensitives ornent le volant en lieu et place des boutons physiques, et un camaïeu bicolore blanc et bleu confère à l’ensemble une identité chromatique affirmée.

Sous la peau, la nouvelle Lancia Gamma repose sur la plateforme « multi-énergie » STLA Medium de Stellantis, la même que celle qui sous-tend la Peugeot 3008, la Citroën C5 Aircross, l’Opel Grandland et la DS N°8. Lancia a confirmé que la Gamma sera disponible en hybride et en 100 % électrique, comme ses sœurs de plateforme.

La version de base développe 145 Ch grâce à son moteur 1,2 litre turbo essence et son système hybride. En électrique pur, l’autonomie atteindra jusqu’à 740 km, tandis qu’une version à transmission intégrale de 370 Ch pointe le bout de son nez, promettant le 0 à 100 km/h en environ six secondes. On nous annonce également une version sportive baptisée Gamma HF Integrale (hommage appuyé à la légendaire Delta HF Integrale), reine des rallyes des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. Aucun détail supplémentaire n’a encore filtré sur cette version haute performance, mais le simple fait d’arborer ce nom mythique suffit à faire battre quelques cœurs plus vite.

La nouvelle Lancia Gamma sera assemblée en Italie, dans l’usine Stellantis de Melfi, aux côtés de la future Delta attendue pour 2028 qui verra à son tour ressurgir un nom légendaire du passé de la marque. Une résurrection en chaîne, comme si Turin cherchait à rattraper en quelques années des décennies d’oubli.

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