Marché français : février 2026 dans le rouge !
Après un mois de janvier très difficile, février 2026 n’a pas offert de meilleures perspectives, même si certains tentent de noyer le poisson !
Texte : Gaël Angleviel / Images : générée par IA
Bataille de chiffres pour un mois de février morose !
Comme chaque début de mois, on attend les chiffres de ventes du mois précédent sur le marché français. Et, pour ce mois de février 2026, ils ne sont toujours pas bons, sans surprise ! Mais, de nos deux sources que l’on consulte assidument, on constate deux lectures diamétralement opposées. L’une se veut pragmatique (AAA DATA) en comparant le mois écoulé avec celui de N-1, alors que la régie d’en face (PFA) veut narrer une autre réalité en comparant les chiffres de 2026… avec ceux de 2019. L’année 2019 est souvent évoquée pour référence avec la crise vécue du COVID. Certes, la pandémie du COVID dès 2020 a changé la donne et a contribué à créer une pénurie de composants et donc d’affaiblir les livraisons de véhicules, pour autant la comparaison est malhonnête.
En effet, outre la pandémie mondiale dû au COVID, le monde a reprises ses activités depuis, ainsi que la marche en avant de l’industrie automobile. Et celle-ci ne s’est pas endormie, bien au contraire, elle accélère toujours son principe d’évolution. Que l’on soit totalement en phase (ou non) avec les décisions prises par des gouvernements et/ou une commission d’envergure (Union Européenne), le paysage automobile est voué à évoluer / changer. Et ainsi, la transition écologique vers les véhicules électriques est une réalité qui s’installer dans la durée. Ce qui signifie également, que le taux de pénétration dans les marchés est inégale. Si le véhicule électrique est plutôt bien accueilli dans certains pays, d’autres en sont moins friands pour l’heure et/ou rencontrent d’autres obstacles pour l’adopter immédiatement (infrastructures, pouvoir d’achat des ménages, etc…). Donc, certains aiment manipuler les chiffres pour leur faire dire ce qu’ils veulent, pour flatter les marchés, les décideurs et/ou les consommateurs ! Ici, on expose des chiffres (comparés à l’année n-1), rien que des chiffres…
Un bilan toujours contrasté
Le verdict des chiffres tombe comme un couperet : avec 120 764 immatriculations en février, le marché du neuf accuse une hémorragie de 15 % par rapport à l’an passé. Un repli qui n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe d’un étau fiscal qui se resserre : depuis le 1er janvier, le malus CO2 traque la moindre émission dès 108 g/km, tandis que le malus au poids ne pardonne plus rien au-delà de 1 500 kg. Depuis le début de l’année, le marché affiche un volume cumulé de 227 921 immatriculations, marquant un recul de 11 % sur un an. Parallèlement, la demande des particuliers s’étiole de 15 % en février (52 226 unités), avec une mutation notable des modes de consommation : la LLD gagne du terrain (+10 %) au détriment d’une LOA en nette perte de vitesse (-19 %).
Pourtant, au milieu de cette grisaille, un rayon de tension illumine les bilans. Portée par un bonus écologique revalorisé à 7 700 € et le flux continu des livraisons du leasing social, la voiture électrique s’accapare désormais 27 % de part de marché, bondissant de 28 % en volume. Renault mène la danse avec sa citadine prodige, la R5, talonnant une Tesla Model Y qui trône toujours au sommet des suffrages.
À l’inverse, les motorisations thermiques subissent une véritable bérézina. L’essence s’effondre de 48 %, désormais reléguée à 15 % de part de marché, tandis que le diesel, autrefois souverain, n’est plus qu’une ombre résiduelle de 3 %. Même l’hybride, ce grand pont entre deux mondes, marque le pas avec un repli de 6 %, bien qu’il reste la monture de prédilection de plus d’un acheteur sur deux.
Si le neuf vacille, l’occasion fait preuve d’une résilience de roc. Avec près de 440 000 transactions, le marché reste stable, soutenu par la percée des motorisations alternatives. Ici, le micro-hybride (MHEV) et l’électrique de seconde main progressent à grands pas, même si le parc reste scindé en deux : les véhicules de plus de dix ans représentent encore la moitié des échanges, tels des vétérans de la route refusant de céder leur place. En cumulé, le marché s’établit à 853 169 transactions, en baisse de 5 %.
Une anomalie dans le marché
L’analyse de AAA DATA révèle une ironie étonnante : alors que le prix moyen global d’une voiture neuve grimpe à 35 332 € (+4 %), cette hausse est dopée par le transfert de volume vers des modèles branchés intrinsèquement plus onéreux. Pourtant, à l’unité, le prix des électriques recule de 3 %. Sous la pression des normes CAFE européennes (81 g/km), les constructeurs sacrifient leurs marges et ajustent leurs tarifs pour stimuler la demande, tandis que le prix du thermique, lui, continue de grimper mécaniquement.
« Les ventes de voitures électriques ne suffisent pas encore à compenser totalement le recul des motorisations thermiques », souligne Marie-Laure Nivot. Un constat qui dessine une France automobile à deux vitesses, où la transition n’est plus une option, mais une marche forcée.


