Mercedes Classe C électrique : la rivale de la BMW i3

Stuttgart sonne la charge et dévoile sa Classe C électrique qui va devoir croiser le fer avec ses rivales allemandes, BMW i3 et Audi A6.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Mercedes-Benz AG

Une Classe C qui casse les codes

Mercedes jette un pavé dans la marre et veut affronter directement les BMW i3 et Audi A6 sur le segment des berlines électriques premium. Basée sur la plateforme inédite MB.EA, cette Classe C EV signe surtout le grand retour au classicisme esthétique. Fini le design « One-bow » en forme de galet des modèles EQE et EQS : ici, l’électrique emprunte les codes de la noblesse thermique pour regagner en prestance.

Attendue sur les routes dès cette année, elle débutera sa carrière dans une version 400 4Matic à double moteur, affichant une puissance de 490 ch pour un prix flirtant avec les 70 000 €. Pour l’heure, le constructeur de Stuttgart annonce une autonomie de 760 km, alors que BMW a déjà révélé une autonomie record de 900 km pour la berline i3. Quant à la firme aux anneaux, sa seule berline premium est l’A6 (sur le segment supérieur) qui répond avec 720-750 km WLTP, en attendant une future A4 EV prévue pour 2028. Mais, dans un second temps, une version propulsion permettra à Mercedes de briser la barre symbolique des 800 km d’autonomie, nouvelle référence à franchir pour les constructeurs premium.

Petite sœur du nouveau GLC électrique, la Classe C EV est le deuxième joyau à sertir la nouvelle plateforme MB.EA. Elle incarne la nouvelle doctrine de Mercedes : réconcilier le design des modèles électriques avec celui de leurs homologues à combustion. Bien qu’indépendante de la Classe C thermique (laquelle restera au catalogue avec un restylage calqué sur sa sœur électrique) cette nouvelle venue s’intercale au-dessus de la CLA. Elle dessine surtout les contours d’une future grande berline (bien que cette Classe C électrique mesure déjà 4,88m de long) Classe E électrique qui, dès l’an prochain, viendra succéder à l’actuelle EQE.

Un design qui retrouve son trône et ses icônes

Robert Lesnik, directeur du design extérieur, l’affirme sans détour : l’ère de la différenciation visuelle entre thermique et électrique est révolue. La Classe C EV ne baisse pas le nez pour gagner quelques points d’aérodynamisme ; elle assume une face avant haute, statutaire, dominée par une immense calandre illuminée. « Les icônes font la différence », martèle Lesnik. Qu’il s’agisse des barres verticales AMG ou du maillage Maybach, la calandre Mercedes reste le visage d’un héritage que les nouveaux arrivants du marché ne peuvent acheter.

Masquer la hauteur inhérente aux batteries (environ 60 mm de plus qu’une Classe C thermique) a été le défi majeur des designers. Pour ce faire, Mercedes a usé de malins stratagèmes : des bas de caisse contrastés pour affiner le profil, des roues généreuses et une surface vitrée étirée. Pour la première fois, la berline adopte une silhouette de coupé « GT » à l’arrière, rompant avec le traditionnel profil à trois volumes pour privilégier une glisse parfaite dans l’air et un silence de cathédrale à bord.

À l’intérieur, la Classe C EV bascule dans une autre dimension. La planche de bord est littéralement engloutie par l’Hyperscreen de près d’un mètre de large, une prouesse technologique composée de 1 000 LED individuelles. Le système MBUX de dernière génération intègre désormais un trio d’agents conversationnels (ChatGPT, Google Gemini et Microsoft) permettant de discuter avec sa voiture « comme avec un ami ». L’IA retient vos préférences, anticipe vos besoins et gère même des conversations complexes.

Pourtant, Mercedes n’a pas sacrifié l’ergonomie sur l’autel du tout-numérique. Répondant aux critiques, les ingénieurs ont conservé des commandes physiques : une molette pour le volume sur la console centrale et de vrais boutons sur le volant. Avec 2,96m d’empattement, l’architecture électrique dédiée permet d’étirer ce dernier de 97 mm comparé à la version thermique. Le résultat ? Un espace aux jambes digne du segment supérieur. La ligne de toit surélevée offre également plus de garde au toit dans les deux rangées (+22 mm à l’avant, +11 mm à l’arrière). Le volume de coffre culmine à 470 litres, dépassant légèrement la version thermique, complété par un « frunk » (coffre avant) de 101 litres, idéal pour les câbles de recharge ou des chaussures boueuses.

Une athlète survoltée au cœur de pur-sang

Sous cette robe élégante se cache un tempérament de feu. La version 400 4Matic abat le 0 à 100 km/h en 4,1 secondes, soit le temps d’une ancienne C63 AMG à moteur V8. La batterie de 94,5 kWh s’appuie sur une architecture 800V, permettant de récupérer 320 km d’autonomie en seulement 10 minutes sur une borne de 330 kW. Mercedes affirme même que la voiture peut couvrir plus de 1 000 km avec un seul arrêt éclair à la borne, une promesse de sérénité pour les grands voyageurs.

Mais c’est sur le plan dynamique que la Classe C EV veut terrasser ses rivales. Équipée d’une suspension pneumatique Airmatic « prédictive » (qui scanne la route via le cloud pour anticiper les nids-de-poule) et de quatre roues directrices, elle promet l’agilité d’une ballerine et le confort d’une Classe S. Enfin, une transmission à deux rapports sur l’essieu arrière assure des relances foudroyantes à haute vitesse, confirmant que cette Classe C est bien, selon les mots de la marque, la plus sportive jamais conçue.

Enfin, les roues arrière directrices (jusqu’à 4,5°) assurent une agilité urbaine et une stabilité impériale à haute vitesse. L’innovation se niche aussi dans la boîte à deux rapports du moteur arrière, optimisant les accélérations et l’efficience. Sur les modèles 4Matic, le moteur avant ne s’active qu’en cas de besoin, réduisant les pertes d’énergie de 90 % le reste du temps.

En bref :

  • Grande Autonomie : Jusqu’à 760 km pour la version de lancement.
  • Recharge ultra-rapide : 320 km récupérés en 10 minutes (architecture 800V).
  • Design : Retour à un look de berline traditionnelle avec calandre iconique.
  • Technologie : Hyperscreen d’un mètre et IA multi-agents (Gemini, ChatGPT).
  • Performances : 0-100 km/h en 4,1 s ; version AMG tri-moteur prévue ultérieurement.

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