Le futur Citroën Berlingo continuera la résistance aux SUV

La quatrième génération du Berlingo capitalisera sur ses fondamentaux historiques : une simplicité désarmante, un volume dantesque et un pragmatisme à toute épreuve pour défier les SUV.

Texte : Gaël Angleviel / Images : générée par IA

Citroën Berlingo 2030, l’antidote face aux SUV

En bref :

  • Antidote SUV : Citroën assume sa silhouette cubique face à un marché saturé de crossovers.
  • Châssis sur mesure : Une plateforme technique distincte, partagée avec la galaxie Stellantis.
  • Le sens de la famille : Retour aux sources avec un coffre XXL et une habitabilité royale.
  • Une recette intemporelle : Quatrième mouture qui conservera les clins d’œil esthétique du premier modèle.
  • Le couteau suisse mécanique : Multi-énergie, avec diesel pour le couple et l’électrique pour les centres-villes.

Face au marché qui est saturé de SUV dans presque tous les segments, il devient complexe pour les constructeurs de s’affranchir et se démarquer de la concurrence. Aussi, sur des concept aussi simples que les utilitaires, ne pas adopter un profil de crossover ou de SUV s’avère crucial pour conserver une clientèle qui perd peu à peu ses repères dans les gammes des constructeurs. Et pour ce type de véhicule qui doit proposer un volume de charge, le message de la maison Stellantis est limpide : maintenir une frontière étanche entre les berlines traditionnelles et l’univers des véhicules utilitaires et ludospaces. Le futur Berlingo ne jouera donc pas aux cartes avec les mêmes dessous techniques que ses sœurs. Il inaugurera une plateforme dédiée, ouvrant la voie à une immense fratrie de fourgonnettes pour Citroën, Peugeot, Fiat et leurs cousins.

« Le Berlingo et notre future berline électrique ELO naviguent sur des planètes différentes », confie Xavier Chardon, le directeur général de Citroën. « Par le passé, nous avions le Berlingo d’un côté et la dynastie des monospaces Picasso de l’autre. Le Berlingo, lui, garde les pieds sur terre, il incarne la simplicité pure, celle qui exige une soute à bagages infiniment plus vaste. » Pour le patron de la marque aux chevrons, l’avenir s’écrira donc à double entrée. D’autant plus qu’un tel véhicule reste le dérivé direct d’un utilitaire dont la marque ne peut tout simplement pas se passer.

Un design intemporel ?

De son côté, Andrew Cowell, le grand prêtre du design des véhicules utilitaires chez Stellantis, enfonce le clou : « Le Berlingo change de stature pour devenir un citoyen du monde, et c’est là que nous devons négocier notre virage. La recette est magique. Demain, elle sera plus pertinente que jamais. Les clients vont redécouvrir les vertus originelles du Berlingo ; nous allons opérer un vrai retour aux sources. »

Mais pourquoi s’obstiner à dessiner une boîte à malice cubique quand le reste du monde ne jure que par les profils surélevés ? Cowell a sa petite idée : « Le SUV commence à battre de l’aile sur certains marchés, bousculé par des réglementations de plus en plus sévères. Et puis, la plupart des gens pensent savoir ce qu’ils veulent… jusqu’à l’arrivée des enfants. Là, c’est le déclic, ils redeviennent comme leurs propres parents ! C’est un cycle immuable que l’on finit toujours par apprécier avec l’âge. »

Côté style, pas question de jeter le bébé avec l’eau du bain. Le profil cubique et l’allure générale resteront fidèles au modèle actuel, mais le regard s’offrira une sacrée mise à jour pour s’aligner sur les derniers SUV de la marque et la silhouette de la future ELO. Certains détails esthétiques restent gravés dans le marbre de l’ADN Citroën. « La signature graphique sur les portes avant a évolué au fil des générations, tandis que le petit décroché caractéristique au niveau du montant arrière répond toujours présent », précise Andrew Cowell. « Ce sont ces petits ancrages visuels qui le relient au modèle originel. »

Le Berlingo est une véritable poule aux œufs d’or pour la firme. « Nous surfons sur 30 ans de succès ininterrompus, tant chez les particuliers que chez les professionnels. Nous serions bien fous de couper le cordon », s’exclame Xavier Chardon. « Nous allons donc poursuivre l’aventure. On ne la fait pas à des clients fidèles depuis trois décennies : ils veulent de la modularité, des décibels de volume et de l’espace. Pour moi, cette voiture incarne parfaitement cette philosophie du « plus pour moins » que nous voulons démocratiser. »

Pas avant 2030…

Le Berlingo possède le don rare de suspendre le temps : la première génération a tenu le pavé pendant douze ans, la seconde a brillé une décennie entière. Autant dire que l’actuel troisième opus a encore de beaux jours devant lui, la relève n’étant pas attendue sur nos routes avant l’horizon 2030.

Pour assurer son hégémonie, le futur ludospace misera à fond sur une stratégie multi-carburants. « Le moteur diesel a encore son mot à dire, notamment pour son couple généreux. Nos clients roulent souvent chargés comme des mulets », rappelle Andrew Cowell. « Mais pour s’immiscer sans encombre dans le cœur des cités, l’alternative électrique est indispensable. » Avec les règles du jeu actuelles, la solution de la pluralité énergétique reste la meilleure arme pour ne laisser personne sur le bord de la route.

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