Nouvelle Dacia Spring : le coup de foudre à prix cassé

Totalement métamorphosée pour défier la concurrence, la nouvelle Dacia Spring réinvente la citadine électrique à tarif serré en promettant 250 km d’autonomie.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Groupe Renault

La Dacia Spring frappe fort sur le marché de l’électrique

En bref :

  • Conception éclair : Développée en 16 mois aux côtés de la Twingo, elle ouvre l’offensive de quatre nouveaux modèles 100 % électriques Dacia d’ici 2030.
  • Gabarit musclé et 250 km d’autonomie : Plus vaste et robuste, elle propose un coffre de 337 L (avec frunk de 18 L) et une batterie de 27,5 kWh.
  • Prestations en hausse, prix réajusté : Proposée juste sous la barre des 18 000 €, elle monte nettement en gamme.

Conçue en un temps record de seulement 16 mois (une prouesse industrielle inédite sous l’égide du Groupe Renault), la nouvelle Dacia Spring s’avance en sœur d’armes de la nouvelle Twingo. Arborant quatre vraies places, la citadine d’origine roumaine annonce jusqu’à 250 kilomètres d’autonomie pour un tarif sous la barre des 18 000 €, s’imposant d’emblée comme un pavé dans la mare des véhicules urbains branchés. Premier jalon d’une véritable déferlante commerciale, ce modèle ouvre le bal d’un escadron de quatre véhicules électriques que la marque commercialisera d’ici 2030, à la cadence d’une nouveauté par an.

Dans les tuyaux, la future génération de la Sandero se dotera elle aussi d’une déclinaison sous voltage, tandis que les baroudeurs Duster et Bigster pourraient bien emboîter le pas. Mais pour Katrin Adt, directrice générale de la marque, lancer la Spring aujourd’hui relevait de l’évidence : « C’est exactement le moment idéal » pour enfoncer le clou sur le segment des citadines. Après avoir conquis plus de 210 000 conducteurs en Europe en cinq ans, la Spring compte bien transformer l’essai. « Nous avons façonné ce marché », rappelle-t-elle avec fierté. « L’an dernier, nous dominions le segment A électrique, et nous revenons aujourd’hui avec un produit encore plus affûté, au prix mieux calibré et collant au plus près des besoins des clients. » Face au marasme d’un marché automobile européen gangrené par des tarifs prohibitifs, la dirigeante estime qu’il est urgent de réinsuffler de la sobriété.

Fiche technique : taillée sur mesure pour le quotidien

Lors de son arrivée sur le sol français au premier semestre prochain (les commandes sont déjà ouvertes), le ticket d’entrée est psotionné juste en dessous de 18 000 € (17 900 €). Fabriquée en Slovénie sur les mêmes chaînes que la Twingo, elle est éligible à la Prime « Coup de Pouce Véhicules Particuliers Électriques ». La légèreté s’impose comme le nerf de la guerre de l’efficience, et la nouvelle Dacia Spring en fait sa plus belle profession de foi. En faisant chuter l’aiguille de la balance à un modeste 1 212 kg, la citadine s’érige en véritable poids plume de la catégorie.

Cette diète vertueuse lui permet de faire preuve d’une sobriété remarquable sur la route, avec un appétit d’oiseau mesuré entre 12,7 kWh/100 km sur la finition Journey et 12,9 kWh/100 km sur la déclinaison Expression en cycle mixte WLTP. Résultat des courses : un coût d’utilisation dérisoire fixé à seulement 2,50 € pour 100 km, de quoi faire fondre les dépenses quotidiennes comme neige au soleil.

Sous le capot, la Spring va droit au but avec une motorisation unique : un accumulateur de 27,5 kWh couplé à un bloc électrique de 80 ch placé sur l’essieu avant. L’exercice du 0 à 100 km/h est expédié en 12,1 secondes, tandis que le rayon d’action homologué WLTP culmine à 250 km. Une fiche technique modeste ? Loin s’en faut : elle est taillée comme un gant pour le quotidien. Dacia rappelle d’ailleurs que le propriétaire moyen d’une Spring ne parcourt que 21 km par jour, à la vitesse très pacifique de 21 km/h, en l’utilisant majoritairement comme second véhicule du foyer. Et avec 75 % des recharges effectuées tranquillement à domicile, la puissance de charge maximale plafonnée à 50 kW n’a rien d’un écueil.

Un look musclé et une praticité repensée

Affichant des mensurations quasi identiques à celles de la Twingo, soit 3 850 mm de long, 1 740 mm de large et 1 490 mm de haut, la Spring gagne en prestance par rapport à son aïeule. Ses boucliers taillés à la serpe et ses ailes galbées lui confèrent « une posture robuste et équilibrée », selon les mots du patron du design Dacia, David Durand.

« Le défi consistait à lui donner un tempérament plus viril que la précédente génération », confie-t-il, reconnaissant que l’ancien modèle aurait rencontré un succès encore plus éclatant « avec de meilleures proportions, car il était un peu étroit et campé sur de petites roues ». La transition vers une plateforme 100 % électrique plus vaste a permis d’exprimer les vraies valeurs esthétiques de Dacia, marquant une frontière étanche avec sa cousine tricolore : « La Twingo est une voiture souriante, ronde, aux teintes pop et pétillantes », souligne David Durand. « Nous incarnons la citadine électrique moderne, sérieuse et bien charpentée. »

Ce parti pris se traduit notamment par un porte-à-faux arrière allongé de 60 mm, offrant une poupe plus trapue tout en maximisant l’espace pour les passagers et les bagages d’autant que la Dacia se passe de la banquette coulissante de la Renault. Avec une soute généreuse de 337 litres, le coffre boxe dans la même catégorie que celui de la Renault 5. Mieux encore : un petit coffre avant (frunk) de 18 litres fait son apparition sous le capot plat. L’habitacle fait la part belle aux aspects pratiques avec les fixations YouClip pour installer porte-téléphones, crochets ou porte-gobelets, troquant l’écran d’infodivertissement contre un simple support pour smartphone sur la finition d’entrée de gamme Expression, quand la version haute Journey arbore une dalle tactile de 10,1 pouces.

Une gamme simple, des tarifs serrés

En dépit d’un bond géant en matière de puissance, d’autonomie et d’habitabilité, cette seconde mouture revoit ses prétentions tarifaires à la hausse par rapport à l’ancienne génération débutant autrefois à 11 990 €. Même en intégrant le bonus maximal, la Spring devra abandonner son sceptre de voiture électrique la moins chère au profit de la Leapmotor T03, affichée à 12 995 €. Mais elle gagne en prestance, en qualité, une vraie citadine électrique premium comparée à une Leapmotor beaucoup plus cheap, un monde se creuse entre les deux rivales.

Ainsi, la nouvelle Dacia Spring est proposée avec deux finitions : Expression et Journey. Loin de jouer les spartiates, la finition Expression sort le grand jeu d’entrée de gamme : jantes en tôle 15 pouces Mura avec enjoliveurs, fermeture centralisée à télécommande, vitres avant et rétroviseurs électriques, climatisation manuelle et allumage automatique des feux. Le confort de conduite franchit un cap avec un radar de stationnement arrière, un frein à main électrique, un siège conducteur coulissant et ajustable en hauteur ainsi qu’une banquette rabattable 50/50. Côté pratiques et astuces, le système Media Control armé d’une prise USB-C s’associe à trois points de fixation YouClip et à un plancher de coffre fractionnable pour faciliter la vie à bord.

Pour ceux qui recherchent le sommet du raffinement, la finition Journey hausse encore le ton. Elle chausse des roues tôle 16 pouces Drava et dégaine une artillerie high-tech : carte mains-libres, caméra de recul pour manœuvrer du bout des doigts, ainsi que l’écran central tactile de 10,1 pouces pilotant le système Media Nav Live avec navigation intégrée et services connectés. L’ensemble s’agrémente de deux prises USB-C, d’une sellerie mixte TEP/tissu du plus bel effet et d’une tablette cache-bagages pour parfaire le tableau.

Restant fidèle comme une boussole au positionnement de la marque, la nouvelle Spring assène un coup de masse sur les prix. Toute la gamme s’affiche fièrement sous le seuil des 20 000 €, tandis que la version Expression enfonce le clou en débutant sous la barre des 18 000 € (hors aides de l’État). Le chèque d’aide vient adoucir la note d’un montant oscillant entre 3 620 € et 6 180 € selon le revenu fiscal de référence. De quoi démocratiser définitivement l’accès à la mobilité propre sans se fâcher avec son banquier.

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