Stellantis se tourne vers la Chine pour ses VE
Après 26 milliards brûlés sur l’électrique, Stellantis se tourne vers la Chine et son partenaire Leapmotor afin d’économiser quelques milliards.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Stellantis
Après quelques milliards engloutis, Stellantis mise tout sur Leapmotor
Stellantis resserre ses liens avec le secteur électrique chinois, en quête d’un chemin moins coûteux vers la transition électrique. En 2023, le groupe avait pris pied en Chine en signant un accord avec la startup Leapmotor, acquérant 20 % du capital de la firme pour 1,1 milliard de dollars et s’octroyant le droit exclusif de distribuer ses modèles sur les marchés occidentaux.
Mais la relation pourrait désormais dépasser le simple cadre de la distribution. Selon des sources citées par Autonews, Stellantis envisagerait d’aller bien plus loin en puisant directement dans les technologies de batteries et de groupes motopropulseurs électriques de son partenaire chinois, au bénéfice de marques comme Fiat, Opel et Peugeot. Les discussions n’en sont qu’à leurs prémices, mais l’enjeu est colossal : accéder aux systèmes de Leapmotor permettrait à Stellantis d’économiser des milliards en frais de développement, tout en accélérant la mise sur le marché de modèles capables de rivaliser avec les offensives chinoises de BYD et MG, comme avec les grandes manœuvres du groupe Volkswagen ou de Renault.
Un cheminement logique pour Stellantis
Un boulevard théorique mais semé d’embûches pratiques. Car l’intégration de technologies connectées liées à la Chine n’est pas sans risques réglementaires : aux États-Unis, les véhicules équipés de tels systèmes seront purement et simplement interdits d’importation et de vente à partir de 2027.
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, a néanmoins défendu avec conviction cette alliance. Le partenariat technique, a-t-il déclaré, « nous aidera à atteindre un niveau de compétitivité plus élevé, en particulier sur les voitures électriques, et c’est très important pour l’Europe. » Il a ajouté que la collaboration permettrait également d’« améliorer notre coopération sur le développement de nouvelles technologies », soulignant que « 2025 a été une année de mise en œuvre stratégique du partenariat, préparant le terrain pour une intégration plus profonde. »
Le contexte, il faut le dire, n’est guère flatteur. Début mars, Stellantis a annoncé des dépréciations et charges à hauteur de 22,2 milliards d’euros (soit 26,1 milliards de dollars) liées au repli de sa stratégie électrique. Un aveu d’échec cuisant, mais pas une capitulation : le groupe sait pertinemment qu’il ne peut pas tourner le dos à l’électrique, d’où cet approfondissement accéléré des liens avec Leapmotor.
Via la coentreprise Leapmotor International, Stellantis a déjà accompagné le lancement de plusieurs modèles chinois en Europe et en Australie, notamment la C10 et la B10. La petite T03 a brièvement été assemblée en Pologne, avant que les turbulences des politiques commerciales internationales ne mettent fin à l’aventure l’an dernier. Cette année, Stellantis prévoit de produire des véhicules Leapmotor dans son usine de Saragosse, en Espagne, un pari industriel autant que symbolique, à l’heure où l’Europe redessine sa carte automobile.


