Volkswagen envisageait du thermique pour l’ID. Buzz avant d’y renoncer
C’est un peu la douche froide pour Volkswagen qui espérait un bien meilleur accueil pour l’ID. Buzz, notamment outre Atlantique. Des solutions de secours furent imaginées, comme un moteur thermique avant d’être abandonné.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Volkswagen AG
L’ID. Buzz aurait pu accueillir un moteur thermique…
En Bref :
- Mission impossible : Uniquement électrique, l’ID. Buzz n’a pas la place d’accueillir un prolongateur d’autonomie thermique.
- Les Américains boudent : Faibles ventes aux États-Unis, VW sacrifie le millésime 2026 pour vider ses stocks.
- Place à la rationalisation : Volkswagen prépare l’architecture « Space », une base commune capable d’accueillir de l’électrique et de l’hybride pour la prochaine décennie.
Le Volkswagen ID. Buzz 100 % électrique (à l’essai ici) ne déchaîne pas les foules outre-Atlantique, poussant la marque allemande à chercher des solutions de secours. L’idée de lui greffer un moteur thermique a même été mise sur la table, avant d’être jetée aux oubliettes par simple manque de place. Pour affronter un marché capricieux, VW prépare une toute nouvelle plateforme multi-énergies destinée à rationaliser sa future gamme d’utilitaires.
Comme l’ID. Buzz n’a pas vraiment trouvé son public outre-Atlantique, cela a poussé Volkswagen à envisager des mesures radicales. Parmi elles : l’ajout d’un moteur thermique pour jouer les prolongateurs d’autonomie. Une idée rapidement tuée dans l’œuf, tout bêtement pour des questions d’encombrement. L’information nous vient tout droit de Stefan Mecha, le grand patron des véhicules utilitaires de la marque (VWCV). Au micro du média australien Go Auto, il a avoué à demi-mot qu’une déclinaison thermique avait bien été dans les tuyaux : « Je vous mentirais si je disais que nous n’y avons pas jeté un œil. Mais est-ce vraiment faisable ? Probablement pas… En fin de compte, l’ID. Buzz est né électrique et il le restera. »
Avec ses porte-à-faux réduits à la portion congrue et ses entrailles exclusivement dédiées à l’électricité, il n’y a littéralement aucun recoin pour planquer un moteur à combustion. La plateforme MEB a été pensée de A à Z pour les batteries, point barre. Essayer d’y faire rentrer un bloc thermique au chausse-pied aurait exigé une refonte globale et hors de prix. En 2025, VW a tout de même écoulé 60 700 ID. Buzz, soit le double de son score de 2024.
Le hic, c’est que l’Amérique du Nord n’en a absorbé que 6 140. Résultat des courses : la marque a décidé de faire l’impasse sur le millésime 2026 aux États-Unis pour laisser le temps aux stocks dormants de s’écouler. Le van fera son grand retour sur le sol américain en 2027, avec quelques retouches mineures au programme et l’arrivée d’une version taillée pour le camping.

Une plateforme pour les gouverner toutes
Lors de cette même interview, Stefan Mecha a dévoilé un grand coup de balai structurel pour en finir avec « l’éparpillement coûteux des plateformes » dans le catalogue utilitaire de la marque. À l’heure actuelle, le constructeur jongle avec quatre architectures distinctes. Le Caddy et le Multivan T7 reposent sur la base MQB, l’ID. Buzz squatte la plateforme MEB, le Transporter T7 fait chambre commune avec le Ford Transit Custom, tandis que le Crafter fait bande à part avec son propre châssis sur mesure.
Pour remettre de l’ordre dans la production et soulager la R&D, Volkswagen va donner un coup de jeune à son usine de Hanovre et développer une toute nouvelle architecture commune pour la prochaine décennie, sobrement baptisée « Space ». Cette base devrait servir de colonne vertébrale aux futures générations du Caddy, du Multivan et du Transporter, tout en fournissant des pièces au prochain Crafter. S’il est encore trop tôt pour tirer des plans sur la comète, l’avenir de l’ID. Buzz semble naviguer à vue, surtout quand on connaît la violente cure d’austérité annoncée à l’échelle du groupe Volkswagen.
Stefan Mecha a d’ailleurs souligné que les clients professionnels traînent des pieds pour passer au 100 % électrique. Une frilosité qui laisse la division utilitaires sur la corde raide face aux lourdes amendes européennes sur les émissions de CO2. La plateforme Space, initialement pensée pour le tout-électrique, est donc en train d’être repensée en cours de route pour pouvoir accueillir des motorisations hybrides.
L’offensive électrique continue
En attendant que cette fameuse plateforme débarque, VW met les bouchées doubles pour étoffer son catalogue d’utilitaires branchés en renfort de l’ID. Buzz et de l’e-Transporter. Dans les cartons, on trouve notamment le successeur de l’e-Crafter, disparu des radars entre 2018 et 2022. Cette nouvelle mouture devrait offrir un rayon d’action nettement revu à la hausse, histoire de muscler son jeu face aux ténors du marché comme le Ford e-Transit et le Renault Master E-Tech.
Le constructeur tâte aussi le terrain pour sortir une version zéro émission du Caddy. La génération actuelle de cette fourgonnette, lancée en 2020 et restylée à la mi-2026, propose déjà des blocs diesels et hybrides rechargeables (PHEV). Reste à voir si ce futur « e-Caddy » recyclera une version électrifiée de la plateforme MQB (comme feue la e-Golf), ou s’il fera le grand saut vers l’architecture MEB.


