A bord du Chery Tiggo 4, avant le Mondial 2026

Avant sa présentation sous les projecteurs du Mondial de l’Automobile 2026 à Paris, l’Agenda de l’Automobile a pu faire le tour du propriétaire du Chery Tiggo 4.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Philippe Hortail

Chery Tiggo 4 : un sérieux rival pour la catégorie des SUV urbains

En bref :

  • Tarif coup de poing : Proposé près de 8 000 € de moins qu’un Ford Puma, il assène une gifle tarifaire au marché.
  • Générosité d’équipement : Dès la version d’entrée de gamme, la dotation technologique est florissante.
  • Agrément perfectible : Une conduite sans passion, un amortissement ferme et des aides électroniques trop intrusives.

Le Chery Tiggo 4 s’impose comme un SUV compact pétri de qualités, à défaut de déclencher une étincelle de passion. Spacieux, fort en gueule sous le capot et raisonnablement frugal, il propose un arsenal d’équipements dès la version d’entrée de gamme. Mais avec un chèque inférieur d’environ 8 000 € par rapport à ses principaux rivaux, son prix de vente reste son véritable coup de maître. Les chiffres prouvent que les acheteurs plébiscitent le portefeuille avant tout ; à ce tarif, ce benjamin de la gamme Chery devient tout simplement impossible à ignorer.

L’offensive du géant chinois Chery sur le marché européen s’apparente jusqu’ici à un raz-de-marée inédit. Le Jaecoo 7, par exemple, débarqué l’an dernier seulement, piétine déjà les bandes de roulement des best-sellers du segment. Avec le Tiggo 4, le constructeur pékinois tire à bout portant sur le Ford Puma ou encore le Nissan Juke, le Toyota Yaris Cross, le Renault Captur, le MG ZS ou le chouchou du segment, le Dacia Duster. Plus petit rejeton de la famille Tiggo, le 4 se décline en deux finitions : Aspire et Summit. Sous le capot, un unique bloc hybride essence 1,5 litre tire son épingle du jeu face à une concurrence souvent cantonnée à de la simple micro-hybridation 48 volts.

Le tarif du Tiggo 4 demeure son plus bel atout : il s’affichera juste sous la barre des 24 000 €, soit très en-dessous de la concurrence directe. Chery indique qu’avec un apport de 5 900 €, les mensualités tombent à 295 € par mois sur un financement de quatre ans. Passer au sommet de la gamme avec la version Summit ne réclame que 2 360 € de plus : un Tiggo 4 suréquipé habillé d’une peinture métallisée coûte moins de 26 550 €. Une paille face à ses rivaux à équipement équivalent.

Au volant : du muscle sous le capot, de la douceur sous le pied

« Ne vous laissez pas leurrer par sa débauche de puissance ; le Tiggo 4 est à mille lieues d’un Puma ST et privilégie une conduite de bon père de famille. » Prendre les commandes du Chery Tiggo 4 relève d’une expérience très placide : si les passionnés de volant resteront sur leur faim, quiconque cherche un simple moyen de transport sans prise de tête y trouvera son compte.

La direction, d’une légèreté presque éthérée, transforme les manœuvres en jeu d’enfant. Même dans le dédale de rond-points de nos agglomérations, le Tiggo se faufile avec aisance. Les nuages s’amoncellent néanmoins dès qu’on le bouscule en virage : la direction devient floue, rendant le placement du train avant incertain. Enclencher le mode « Sport » redonne un peu de consistance au volant et aiguise la réponse à l’accélérateur, mais la pédale de frein conserve son mordant brutal à basse vitesse.

Côté mécanique, le 1.5 hybride délivre 201 ch et 310 Nm de couple. Si Chery annonce un 0 à 100 km/h expédié en 8,9 secondes, la sensation de poussée varie selon l’humeur de la boîte. Départ arrêté, enfoncer l’accélérateur fait hésiter la transmission DHT un instant avant de faire hurler le moteur dans les tours. Une fois lancé, le tableau s’éclaircit : le couple généreux offre des reprises énergiques pour doubler d’un coup de cuillère à pot. Mais malgré cette cavalerie, le poids de 1,5 tonne et le comportement sans relief étouffent toute velléité sportive. Côté consommation, le Tiggo 4 réclame 5,3 l/100 km, égalant un bon modèle essence.

Vie à bord : un vernis haut de gamme mais des détails qui grincent

En poussant la porte du Tiggo 4, l’œil est flatté par une présentation cossue. Sans prendre de risques stylistiques, la planche de bord en jette et fait meilleure impression que chez Ford, Toyota ou MG. Mais l’illusion s’évapore dès qu’on y regarde de plus près : toquez sur la console centrale ou la planche de bord, et le mobilier sonne creux. Saluons l’absence d’excès de plastiques noirs laqués, d’ordinaire si salissants. En revanche, l’ergonomie de la climatisation tactile semble avoir été conçue à la hâte : les touches manquent de réactivité et l’affichage de la température envahit tout l’écran principal. Pour activer les sièges chauffants, il faut tapoter au moins trois fois sur la dalle tactile, ce qui relève du parcours du combattant.

Si la version Summit offre le volant et les sièges chauffants, la version d’entrée de gamme ne démérite pas avec sa double dalle de 12,3 pouces, sa climatisation bizone, son régulateur adaptatif et sa caméra de recul. Le sommet de gamme y ajoute la sellerie en similicuir, le système audio supérieur, la caméra 360° et le coffre électrique. Ce double écran évoque la finition d’une Mercedes Classe A, mais son logiciel manque de maturité. L’absence de navigation intégrée oblige à dégainer Apple CarPlay ou Android Auto sans fil (ce qui est presque un mal pour un bien vu le dédale des menus). Le combiné d’instrumentation de 12,3 pouces manque lui aussi de personnalisation par rapport aux cartes plein écran d’un Renault Captur.

Habitabilité et coffre : de la place pour tous, une bosse en travers du chemin

Grâce à sa silhouette, le Tiggo 4 offre une habitabilité royale. Même avec un adulte de taille moyenne au volant, les passagers arrière prennent leurs aises. La place centrale reste en revanche un strapontin de secours. Une fois rabattu, ce siège central se mue en accoudoir avec porte-gobelets. Deux fixations Isofix bien accessibles facilitent l’installation des sièges auto.

Plus long et plus large qu’un Dacia Duster (4,32 m de long, 1,83 m de large, 1,65 m de haut), le Tiggo 4 se faufile pourtant en ville sans sueurs froides grâce à une excellente visibilité périphérique. Côté soute, les 430 litres du coffre suffisent amplement à une famille, même si le chargement réserve une mauvaise surprise : une vilaine bosse au milieu du plancher (destinée à caser des composants électriques) gêne le glissement des grosses valises. En rabattant la banquette 60/40, le volume grimpe à 1 155 litres.

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