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Essai BMW M8 Competition Gran Coupé : parfaite ?

Quelques chiffres pour poser le décor : le 0 à 100 km/h en 3,2 secondes, le 0 à 200 en 11 secondes, une vitesse de pointe de 305 km/h bridée électroniquement. Ces quelques jours passés en compagnie de la M8 Competition Gran Coupé ont été parmi les plus rapides de notre site…

625 chevaux… ça consomme beaucoup ?

La branche sportive de BMW continue de nous régaler avec des voitures politiquement incorrectes. Mais avec un rejet de CO2 de 244 grammes au kilomètres, on est à moins du double de celui d’une Dacia Sandero de 90 chevaux qui affiche 126 grammes, malgré une puissance presque 7 fois supérieure… Ce tour de force réalisé par les motoristes de la branche sportive de BMW est le fruit d’une maîtrise et d’une expertise de très haut niveau. La boite de vitesse à 8 rapports aide aussi à obtenir un tel résultat.

Sur autoroute, au régulateur, vous pourrez espérer afficher un 8,5 litres en moyenne pour 100 kilomètres à 130 km/h. Mais achète-t-on une voiture de plus de 192 000 euros (hors malus et carte grise…) pour faire de l’éco-conduite ?  Oui si on considère la taille du réservoir (68 litres) qui peut se vider en 300 kilomètres si on a le pied lourd, ce qui nécessite de passer souvent à la pompe. 90 litres auraient été les bienvenus pour voir son pompiste moins souvent. En moyenne, en mixant certains plaisirs comme un départ de péage et une conduite raisonnable, on peut tabler sur un bon 12 / 13 litres pour 100 kilomètres malgré un poids de 2 tonnes. BMW annonce 10,7 en cycle mixte, 15,2 en ville et 8,1 en extra-urbain.

4 roues motrices indispensables

L’ancienne génération, avec ses 560 chevaux, était annonciatrice de la limite de puissance que pouvaient transmettre au sol les seules deux roues arrière lorsque le moteur est placé devant le pare brise. Les clients de la marque regrettaient un manque de polyvalence quand la météo se dégradait. Avec sa transmission qui mixe la boite M Steptronic, le système de transmission intégrale M xDrive et le différentiel actif M, la M8 peut aussi bien aller à Avoriaz en hiver que partir comme une balle dès qu’on écrase l’accélérateur après avoir versé son obole à Vinci ou tout autre gestionnaire des autoroutes. Les 750 Nm de couple disponibles entre 1 800 et 5 800 tr/mn ne partent pas dans la fumée des pneus.  Mais si vous regrettez les charmes d’une propulsion, libre à vous de basculer en mode deux roues motrices, sans les aides à conduite ! BMW prévient sur l’écran central qu’il est préférable de réserver ce mode à un usage circuit… 

Une taille de limousine pour la M8 Gran coupé

Je l’avoue volontiers :  je trouve que la ligne de la M8 Gran Coupé est magnifique. Encore plus belle que celle du coupé avec ses 20 centimètres de plus. La longueur totale est de 5,10 mètres pour 1,94 mètre de large et seulement 1,43 mètre de haut. De belles proportions qui rendent la conduite parfois compliquée dans les parking souterrains, surtout que le rayon de braquage de presque 13 mètres ne simplifie pas les choses. Par contre, l’espace à bord permet aux passagers de voyager dans un confort VIP. La taille du coffre, de seulement 440 litres, peut-être un frein si vous avez pour habitude de prendre toute votre garde robe pour un weekend.

Le plaisir de conduire et de voyager

Une fois bien installé à bord, le conducteur et ses passagers découvrent la route autrement.  Assis bas, ils seront regardés de haut par les propriétaires de SUV. Mais cela ne durera pas très longtemps car au premier bout de route libre ou au premier virage, ils ne les verront plus que dans les rétroviseurs.

Tout ou presque est paramétrable en ce qui concerne la conduite sur la BMW M8 competition Gran Coupe. En effet, vous pouvez choisir entre une confortable berline en utilisant les modes les plus « softs » pour les suspensions, la cartographie moteur, la sonorité de l’échappement, la réponse des freins ou encore de la direction. Dans ce cas, les passagers seront bercés par le système hifi. Ou alors, à l’inverse, vous pouvez pousser les réglages dans les modes les plus sportifs et là, la M8 se réveille. Son échappement gronde, le châssis devient précis et on comprend alors mieux l’utilité des sièges M réglables à peu près dans tous les sens. Si vous n’avez pas envie de passer du temps à tout régler à chaque fois, BMW a mis deux boutons rouges sur le volant qui vous permettent, une fois programmés, de passer d’un mode à l’autre d’une simple pression. C’est très pratique !

Avis essai M8 Competition Gran Coupé

Rendre les clés de cette BMW M8 Competition Gran Coupé fut un exercice moralement très compliqué tant j’ai pu prendre du plaisir à son volant. Chacun peut trouver une voiture parfaite en fonction de ses critères personnels et de ses attentes. Pour ma part, je l’ai trouvée.

Philippe HORTAIL
Photos : DR

Galerie photos BMW M8 Competition Gran Coupe

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