BMW dévoile aux 24H du Mans le Concept M Neue Klasse, future M3 électrique
C’est à l’occasion des 24 Heures du Mans que BMW M a présenté en première mondiale, le Concept M Neue Klasse qui annonce la future M3 électrique.
Texte : Gaël Angleviel / Images : BMW
La future BMW M3 entre dans l’ère électrique
En bref :
- Première M3 électrique avec le concept M Neue Klasse
- Design M réinventé : proportions musclées, signature lumineuse jaune
- Quadri‑moteur inédit et plus de 650 ch attendus
- Habitacle Panoramic iDrive centré sur le pilotage
- Version thermique maintenue avec six‑cylindres et hybridation légère
Le M Concept Neue Klasse, la vision la plus aboutie à ce jour de la première BMW M3 100 % électrique, attendue l’an prochain. Et après la révélation controversée de la Ferrari Luce électrique, certains passionnés pourraient bien détourner le regard… mais ils auraient tort. Car avant de sortir les fourches, rappelons que la prochaine M3 sera aussi proposée avec un six‑cylindres essence, et qu’une version Touring est bel et bien confirmée comme l’actuelle.
Ce n’est pas la première fois que BMW esquisse l’avenir électrique de sa super‑berline. On a déjà vu des prototypes quadri‑moteurs dérivés de l’i4, sans oublier l’extravagante Vision Driving Experience, véritable laboratoire roulant doté de quatre moteurs démesurément puissants, d’arches de roues XXL dignes du Groupe B, et même de ventilateurs capables d’aspirer la voiture au sol pour générer un appui phénoménal. Les prototypes camouflés de la future « iM3 » n’ont d’ailleurs rien fait pour se cacher : on les a vus partout, de l’Arctique au Nürburgring. Mais le M Concept Neue Klasse lève enfin le voile : il montre ce à quoi ressemblera la prochaine M3, tout en introduisant des éléments stylistiques destinés à d’autres modèles M à venir.


Inspirée et dérivée de l’univers de la compétition
Dévoilé aux 24 Heures du Mans, le concept puise dans l’héritage du département M et dans ses exploits en compétition. Oliver Heilmer, patron du design Neue Klasse et M, résume la philosophie : « Chez BMW M, la forme suit toujours la fonction. Chaque détail sert la performance. » Et cela se voit : proportions audacieuses, lignes précises, musculature sculptée autour d’ailes larges et impeccablement tendues. Le tout est spectaculaire, sans jamais tomber dans l’excès gratuit.
Le toit en carbone double bossage, signature M moderne, est reconduit. Les rétroviseurs, en revanche, semblent perdre leur aileron aérodynamique. À l’avant, le « shark nose » (nez de requin) acéré introduit une nouvelle interprétation des double haricots BMW, bien plus élégante que les « dents de castor » des M3 / M4 actuelles. La signature lumineuse mêle des éléments jaunes, censés améliorer la visibilité par mauvais temps, et des feux carrés inspirés de l’hypercar BMW M Hybrid V8 du Mans.
Le capot en V, profondément sculpté, intègre une large prise d’air pour refroidir la chaîne de traction électrique. Le bouclier avant, inspiré des trimarans de course, adopte une structure en trois parties soutenant un splitter massif. Mais la pièce maîtresse est sans doute le double aileron ducktail, magnifiquement intégré à l’arrière, esthétique et fonctionnel. Le « carbone » visible est en réalité un composite naturel, utilisé pour le toit, le splitter, la prise d’air et le diffuseur : une approche plus durable que BMW compte généraliser.




L’intérieur se veut minimaliste, focalisé sur la conduite. Il adopte le Panoramic iDrive de la nouvelle i3 : un affichage personnalisable courant à la base du pare‑brise, remplaçant totalement le combiné traditionnel. L’idée : garder les yeux sur la route tout en affichant les infos essentielles : temps au tour, températures, G latéraux… La console centrale est dépouillée : seul trône un sélecteur rouge, accompagné de palettes rouges et de boutons M Mode. Oui, cette M3 aura une boîte virtuelle, comme les AMG GT 4‑Door et Hyundai Ioniq 6 N. Le tableau de bord flottant en textile noir rétro‑éclairé façon M pourrait passer en série. Les sièges baquets quatre places, eux, ne survivront probablement pas au passage en production.




Quadri‑moteur, supercalculateur et plus de 650 ch
Cette M3 gavée aux watts reprendra une partie de la technologie des iX3, i3 et futur iX5, mais avec une différence majeure : quatre moteurs indépendants, un par roue, pilotés par le logiciel M Dynamic Performance Control intégré au supercalculateur « Heart of Joy ». BMW a déjà évoqué une puissance potentielle de 1 341 ch (un mégawatt), mais la version de série sera plus raisonnable.
Avec la concurrence des Ferrari Luce, AMG GT 4‑Door électrique dépassant les 1 000 ch, une iM3 à 650–750 ch serait plausible. À 750 ch, ce serait la BMW M routière la plus puissante de l’histoire. Chaque essieu reçoit deux moteurs symétriques avec leur propre réducteur. Pas de boîte deux rapports façon Taycan : les moteurs offrent déjà une plage d’utilisation immense.
Le système permet un torque vectoring ultra‑précis, une agilité accrue, et même la possibilité de découpler l’essieu avant pour rouler en propulsion pure ou optimiser l’autonomie. La batterie dépassera les 100 kWh, avec des cellules cylindriques de 6e génération optimisées pour les fortes puissances.
Après le lancement de la Neue Klasse Série 3 standard plus tard cette année, on s’attend à ce que les versions essence et électrique de la prochaine BMW M3 soient dévoilées en 2027, pour une commercialisation en 2028.



