Les constructeurs espèrent un sursis du thermique en Europe
Plus précisément, les constructeur européens espèrent un assouplissement des règles sur l’interdiction de la vente des modèles thermiques prévue pour 2035 en Europe.
Texte : Gaël Angleviel / Images : BMW Group
Un assouplissement de l’interdiction du thermique en Europe ?
Sous pression, l’industrie automobile du Vieux Continent retient son souffle. Bruxelles doit présenter le mois prochain un plan dédié au secteur. Un plan qui pourrait atténuer l’interdiction de vendre des voitures thermiques neuves à partir de 2035, alors que la transition vers l’électrique patine. Au début de la décennie, les marques misaient tout sur l’électrification. Les objectifs étaient ambitieux. Mais la réalité a rattrapé la stratégie.
La demande progresse moins vite qu’espéré. Et la concurrence chinoise se fait de plus en plus agressive. La Commission européenne doit dévoiler ses mesures le 10 décembre. L’objectif est de soutenir un secteur clé, fragilisé par des coûts énergétiques élevés, par des droits de douane américains, et par la montée en puissance de rivaux asiatiques. Les constructeurs allemands et l’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles) demandent un assouplissement des règles actuelles. John Elkann, président de Stellantis, évoque même un risque de « déclin irréversible » sans intervention rapide.
La survie de certaines marques en question…
Le règlement imposant des véhicules neufs à zéro émission en 2035 a été adopté en mars 2023. À l’époque, l’optimisme autour de l’électrique était plus fort. Aujourd’hui, l’industrie réclame des ajustements. Elle souhaite que les carburants neutres en CO2, comme les biocarburants ou les e-fuels, puissent prolonger la vie des moteurs thermiques. Elle plaide aussi pour une meilleure reconnaissance des hybrides rechargeables et des prolongateurs d’autonomie.
Volkswagen et d’autres grands groupes estiment que des objectifs rigides n’ont plus de sens. Selon eux, le marché doit décider du calendrier, pas le législateur. Ils préfèrent des incitations pour stimuler la demande de véhicules électriques. Les ventes de modèles électriques progressent bien en Europe. Mais pas au rythme prévu. Selon l’ACEA, leur part de marché atteint 16 % sur les dix premiers mois de l’année, contre 13 % l’an dernier sur la même période. Enfin, les inquiétudes persistent côté clients. L’autonomie et surtout la recharge restent des freins. L’Europe centrale et orientale manque d’infrastructures. Et en Allemagne, le prix de l’électricité inquiète encore.


