La future MINI Cooper s’apprête à faire sa révolution
La prochaine génération la MINI Cooper, la citadine britannique chic et premium, pourrait troquer sa traction pour adopter une transmission aux roues arrière inédite.
Texte : Gaël Angleviel / Image : générée par IA Gemini
MINI Cooper : un vent de révolution aux accents R50
En bref :
- Inflexion technique historique : Plateforme Gen6 de BMW transforme MINI Cooper en propulsion électrique.
- Clin d’œil patrimonial : Design dans les lignes emblématiques de la génération R50 de 2001.
- Fidélité au concept original : MINI maintient sa silhouette trois portes ultra-compacte et ses proportions légendaires.
MINI a lancé les grandes manœuvres pour concevoir la future génération de sa Cooper. Un modèle très attendu, promis à la métamorphose la plus spectaculaire depuis le rachat de la marque par le géant bavarois BMW il y a trente ans : le passage sans concession de la traction à la propulsion. Les dirigeants jurent pourtant avec ferveur : cette nouvelle génération restera viscéralement fidèle à ses racines. Débarquée dans les concessions en 2024, la mouture actuelle offrait le luxe du choix entre essence et électrique, incarnant alors l’une des rares citadines branchées sur le marché.
Seule la pétillante Fiat 500e lui contestait le terrain, même si son positionnement tarifaire l’amenait à chasser sur les terres de gabarits supérieurs comme les Peugeot e-208 et Cupra Born. Mais la donne a radicalement changé : une déferlante de citadines survoltées s’est emparée du bitume. Des rivales aux dents longues, à l’image des Renault 5 et Fiat Grande Panda, rivalisent d’élégance, d’agilité et d’équipements tout en offrant plus d’autonomie pour un chèque équivalent.
L’étau concurrentiel et le virage de la propulsion
Pour répliquer, le constructeur britannique a ajusté ses tarifs et prépare un restylage rafraîchissant d’ici deux ans. La pression se fait néanmoins étouffante face à l’offensive de nouveaux venus comme les Volkswagen ID Polo, Cupra Raval et Kia EV2. Face à cette déferlante, couplée à la puissance de feu des géants chinois BYD et Geely, la marque s’est résolue à repenser de fond en comble son icône.
« Nous avons commencé à travailler sur la prochaine génération de MINI, et la suite logique implique une remise à plat de toute notre gamme », confirme à Autocar Holger Hampf, le nouveau patron du design, qui compte s’appuyer sur une vague de liftings et de nouvelles déclinaisons pour donner le ton. Jusqu’alors, chaque chapitre de l’épopée MINI s’écrivait en traction. Une architecture gage d’agilité et d’une optimisation diabolique de l’espace intérieur depuis sept décennies. Une ère sur le point de basculer.
La rupture technologique de l’architecture Gen6
L’actuelle Cooper Électrique sort des chaînes chinoises de la coentreprise avec Great Wall Motor, nichée sur une plateforme sur-mesure à roues avant motrices partagée avec le crossover Aceman. Pour le chapitre suivant, la citadine vise une intégration sur la nouvelle plateforme Gen6 de BMW. Nativement pensée pour la propulsion, cette base sert de colonne vertébrale aux modèles électriques de la Neue Klasse, à commencer par le SUV iX3 et la berline i3. Or, la structure Gen6 fait l’impasse sur la traction. Si les moteurs arrière des iX3 et i3 disposent d’une boîte de vitesses, ce n’est pas le cas des unités motrices plus modestes greffées sur l’essieu avant des déclinaisons à quatre roues motrices.
Les ingénieurs du groupe BMW ont ainsi confié à Autocar qu’aucun développement d’un bloc traction viable n’était à l’ordre du jour. Un choix technique d’ingénierie qui force la MINI à accomplir ce grand saut historique. À l’image de la BMW Série 1 qui partage sa plateforme UKL avec la MINI thermique, le passage à l’électrique sur la base Gen6 signera le grand retour des roues arrière motrices. Joachim Post, directeur du développement chez BMW, laissait déjà entendre qu’un tel destin attendait la citadine : « Nous verrons ce que l’avenir nous réserve », glissait-il. Évoquant le potentiel d’une Cooper propulsion, il rappelait que l’entreprise choisirait « l’architecture optimale pour le véhicule », avec une boussole immuable : « le plaisir de conduire pur ».
Ce virage stratégique aura des répercussions majeures sur la Cooper essence, dont la carrière doit se prolonger au-delà de 2030, potentiellement dopée par une hybridation, tout en conservant sa transmission avant. Si les deux variantes partagent aujourd’hui une esthétique siamoise, la version thermique dérive d’une profonde refonte de l’ancienne génération quand l’électrique repose sur la plateforme chinoise. Adopter l’architecture BMW pourrait creuser un fossé stylistique bien plus marqué entre les deux frangines.
L’héritage R50 comme boussole esthétique
Peu importent les révolutions sous le capot, Holger Hampf demeure inflexible sur la préservation du coup de crayon emblématique. « Demandez à un Britannique, un Allemand, un Italien ou même à un enfant de cinq ans : tous reconnaissent une MINI au premier coup d’œil grâce à ses proportions », confie-t-il à Autocar. « C’est encore plus vrai pour la berline trois portes : une voiture très courte, posée sur quatre roues rejetées aux coins, des portes-à-faux minimes et cette bouille inimitable. Pour moi, le secret réside dans cette alchimie entre les projecteurs ronds et la calandre. »
Évoquant le futur du modèle phare, il insiste : « N’importe quel gamin saura que c’est une MINI. Mon devoir est de traiter cet héritage avec un profond respect. » Le designer fait du maintien de ces proportions son combat numéro un : « C’est absolument non négociable. » La passion de MINI pour le néo-rétro va s’offrir un retour aux sources vertueux. Holger Hampf révèle que le futur modèle s’inspirera de la « R50 », la toute première MINI réinventée sous le giron de BMW en 2001.
« Beaucoup de conducteurs n’ont pas connu la MINI classique de 1959, mais ils gardent en mémoire les silhouettes signées BMW ces 25 dernières années. Je veux renouer avec ce souvenir marquant », explique-t-il. « L’idée n’est pas de faire du passéisme, mais de proposer une relecture moderne de notre savoir-faire : une occupation intelligente de l’espace, des clins d’œil malicieux et cette touche de Britishness irrésistible. » Le designer ne cache pas non plus son envie de compacter davantage la Cooper. Interrogé sur le concept Rocketman de 2011, un concept de seulement 3,40 mètres, il sourit : « Le débat sur la taille de la MINI, plus petite ou plus grande, pimente notre quotidien. »
Il rappelle que la présence du grand SUV Countryman couvre les besoins familiaux « là où une Cooper avoue ses limites ». Pour autant, la citadine doit composer avec les normes de sécurité modernes et les aides à la conduite sans tout sacrifier sur l’autel du style. « C’est peut-être ma vision personnelle, mais une MINI a toujours su tout faire : aller au marché le matin, déposer les enfants à l’école et filer à l’opéra le soir », résume Hampf. « Réduire le gabarit reste envisageable, mais la voiture doit coller au rythme de vie actuel. » Engagement tenu : la silhouette trois portes (espèce en voie de disparition en Europe) rempilera bien pour un tour de piste. La plus petite de la famille demeure « le modèle auquel nous vouons une attention de tous les instants », conclut-il. « Elle restera pour toujours notre ancrage. »


