Peugeot envisage à nouveau les breaks pour succéder aux SUV

L’overdose des SUV poussera-t-elle les designers à proposer à nouveau des breaks pour leur succéder ? Peugeot y réfléchit en coulisses.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Stellantis

Haro sur le SUV ! Le break de retour ?

Les SUV, catégorie bien définie pour prendre un peu la relève des modèles que l’on nommait « crossovers » saturent actuellement le marché. Des SUV 5 places, 7 places, coupés et mêmes cabriolets (!!!) occupent la majorité des catalogues des constructeurs. Au point que certains ne proposent que cela désormais, comme Ford après la disparation de la berline Mondéo, de la citadine Fiesta et récemment de l’arrêt de la production de la Focus. Hormis une Mustang hors de prix (merci le malus écologique), l’Ovale bleu ne propose que des SUV / crossovers. A l’heure où l’on parle de transition écologique mais surtout de véhicules plus écologiques et/ou efficients pour contenir une consommation de carburant (ou sauvegarde de l’énergie de la batterie), pourquoi les SUV règnent-ils encore sur les différents marchés ? Ces briques mal sculptées sont bien moins efficace aérodynamiquement qu’une berline (voire une break).

« Et si l’après-SUV passait par un retour aux sources ? » La question, posée en filigrane par Alain Favey, le PDG de Peugeot, résonne comme un défi lancé à l’industrie automobile. Alors pour contrer le marché de SUV toujours plus variés, la marque au lion explore discrètement une piste inattendue : la résurrection du break, un segment qu’elle a abandonné fin 2024 avec l’arrêt de la 508 SW. Lancée en 2010 pour rivaliser avec des références comme la Volkswagen Passat (aujourd’hui seulement vendu en version break par Volkswagen), la Skoda Superb ou la Volvo V60, la 508 s’était imposée comme une berline familiale polyvalente, déclinée en fastback avec sa version break. Pourtant, malgré son élégance et son positionnement, le modèle n’a pas résisté à l’ascension irrésistible des SUV.

La porte n’est pas fermée pour les breaks

Alors que les SUV caracolent en tête des ventes, le pari est presque gagnant pour un constructeur d’en proposer de toutes les tailles dans sa gamme. Chez Renault, par exemple, on en compte 6 en version thermiques (Captur, Symbioz, Arkana, Austral, Espace et Rafale) et 2 versions électriques (Mégane, Scénic). Pourtant, Alain Favey refuse de fermer définitivement la porte aux breaks plus conventionnels. « Tout le monde, nous y compris, propose des SUV sous toutes les formes et pour tous les goûts, » reconnaît-il. « Mais on sent bien qu’il faudra, un jour, imaginer autre chose. » Une intuition partagée par l’ensemble des constructeurs, à l’affût de la prochaine tendance capable de séduire une clientèle en quête de diversité.

Interrogé sur la possibilité d’un retour aux breaks (un segment que Peugeot a porté depuis les années 1950), le PDG reste évasif, mais optimiste : « Pourquoi pas ? Nous avons dû arrêter la 508, non par choix, mais parce que la demande ne justifiait plus sa présence. Aujourd’hui, nous réfléchissons à ce qui pourrait émerger après l’ère des SUV. Peut-être qu’une solution pertinente verra le jour, même dans ce créneau. » Reste une question : s’agirait-il d’un break traditionnel, ou d’un véhicule hybride, mêlant les codes du break et ceux d’un SUV ? « Nous n’excluons aucune piste, » assure Favey. « Si nous trouvons la formule gagnante pour relancer ce segment (et ce ne sera pas un simple copier-coller de la 508), alors nous franchirons le pas. »

Si le segment des breaks classiques a fondu comme neige au soleil face à l’offensive des SUV, quelques modèles récents prouvent qu’il reste un terreau fertile pour l’innovation. La BYD Seal 6, le Toyota bZ4X Touring ou encore le Subaru E-Outback montrent qu’une clientèle, bien que de niche, persiste à rechercher l’alliance du pratique et de l’élégant. De quoi donner des idées à Peugeot, qui pourrait bien surprendre en réinventant un format qu’on croyait condamné à disparaître. La clientèle du nord de l’Europe est moins frileuse pour ces déclinaisons, raison pour laquelle le trio des constructeurs premium (Audi, BMW, Mercedes) en proposent encore dans leur gamme. Skoda et Volkswagen offrent aussi cette possibilité, mais ironiquement, celui qui excellait dans ces déclinaisons break (Volvo) stoppe définitivement cette variante.

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