L'AGENDA DE L'AUTOMOBILE

Une semaine en NISSAN GT-R Nismo : viable au quotidien ?

Une voiture de sport de 600 chevaux comme la Nissan GT-R NIsmo est-elle utilisable au quotidien ? C’est à cette question que je vais tenter d’apporter une réponse après un essai d’une semaine…

Notre monture

C’est au volant de la célèbre Nissan GT-R Nismo du parc presse de Nissan France que nous avons réalisé cet essai. Forte de 600 chevaux à 6 800 tr/m et de 652 Nm de couple entre 3 600 et 5 600 tr/mn, elle est capable de passer de 0 à 100 km/h en 2,7 secondes selon Nissan (3,2 selon ZePerfs). Le temps de reprendre une (lente) inspiration et vous voici à 200 km/h (10,8 secondes) et encore une (17,9 secondes) et vous lirez sur le compteur « 250 km/h ». Il faut dire que les quatre roues motrices aident bien. 

A l’extérieur, on découvre des ailes avant, capot, toit, coffre et spoiler arrière en plus des pare-chocs, aileron et bas de caisse en fibre de carbone. A elles seules, ces pièces supplémentaires ont permis un gain de poids total de 10,5 kg. Et ce, en plus des 20 kg gagnés grâce à d’autres améliorations et à de nouveaux composants comme, par exemple, les nouvelles jantes en alliage forgé de 20 pouces. Les ailes avant sont désormais inspirées de celles de la GT-R GT3 Nismo. 

Pour ce qui est du moteur, il reçoit des turbocompresseurs directement inspirés de la Nissan GT-R GT3 Nismo. Les lois de passage de la transmission double embrayage ont été revues et on dispose d‘un mode Racing qui permet un passage plus rapide des vitesses.

820 kilomètres en GT-R Nismo pour commencer

Il est presque 16 heures quand Waze calcule le trajet pour rentrer à la maison, à la Ciotat. 8 heures de route et 820 kilomètres m’attendent. Le premier réflexe est de me dire que je serai bien plus rapide que ça vue la monture du jour… Mais c’est sans compter sur les embouteillages parisiens et, comme nous ne sommes plus dans un pays libre, je me rappelle qu’au-delà de 170 km/h sur autoroute, on risque le retrait immédiat du permis de conduire. Du coup, j’ai mis en route une petite application qui porte le nom d’un animal en espérant qu’elle sera fiable.

Mais après quelques kilomètres, je comprends que sur un tel trajet, on part pour un marathon tellement l’aiguille de la jauge d’essence descend vite. A croire qu’elle a un problème ! Je me mets alors à chercher la vitesse de croisière optimale qui me mènera le plus loin avec un plein. Parce que rouler très vite pour s’arrêter faire un, voire deux pleins de plus sur un tel trajet n’est pas forcément « rentable » en terme de durée de conduite, si on met de coté le plaisir de rouler vite bien sûr. Ce qui est illégal et que je ne cautionne pas.* 

C’est à 147 km/h au régulateur que la GT-R fait diminuer aussi vite l’autonomie et la distance restante à parcourir. Du coup, un plein un peu avant Lyon sera nécessaire pour rejoindre la base sans s’arrêter. Waze indique 138 km/h et on est dans la tolérance des contrôles radars mobiles. 

Une fois passé le péage de la Barque, après Aix-en-Provence, il est pas loin de minuit. Et l’ordinateur de bord indique une autonomie restante de 150 kilomètres. Il restait alors 40 kilomètres à parcourir avant de pouvoir ouvrir le portail de la maison. Au moment de manipuler ce dernier, j’aurais du lire « 110 kilomètres d’autonomie  » . Pour une raison que j’ignore totalement, mes yeux ont découvert  « 30 kilomètres d’autonomie » . Bizarre… Je me demande si les vitesses atteintes sur ce tronçon d’autoroute n’ont pas eu raison de la fin du plein de carburant fait avant Lyon. Cela mériterait une analyse plus poussée.* 

Au final, l’ordinateur de bord affiche 11,7 litres au 100 kilomètres au moment de couper le contact.

Trop silencieuse et trop bruyante

Il est donc minuit quand « Godzilla » rejoint le jardin de la maison. Contrairement à la M8 Gran Coupé Compétition, dont j’avais volontairement laissé les échappement en mode sport, la Nissan n’a réveillé personne tant son échappement est discret. 

Il se révélera bien trop discret à mon goût tout au long de l’essai, même en mode race où il pétarade au lever de pied. Au point qu’un 370Z avec un échappement sport, croisé en ville, s’est permis de chanter plus fort aux basses vitesses et au ralenti que « ma » GT-R. Quel manque de respect !

En plus de cela, tout au long du trajet autoroutier, le niveau sonore à bord, mélange de bruit du moteur, de pneus et de transmission, s’est vite montré trop important et pénible. Il faut être passionné pour accepter cela.

Le regard des autres

Pendant ses 8 jours au volant de la GT-R, j’ai pu observer plusieurs types de comportements de la part des autres automobilistes. Beaucoup de photos, des pouces levés, peu ou pas d’agressivité. Peu de monde est venu se coller au pare-chocs de la Nissan en mode « appel de phare – pousse toi ». Du coup, la conduite est nettement plus sereine. Même les gros SUV puissants n’osent pas… 

Par contre, j’ai eu droit à plusieurs demandes d’essais de la part d’amis, curieux de comprendre ce qu’est une voiture de 600 chevaux. Les qualificatifs élogieux n’ont pas manqué, complétés par des « whaaaaa » des « outcccchhhh » ou encore des « ah oui quand même ». Mais aucun évanouissement n’est à déplorer. Et les enfants préfèrent bizarrement qu’on les dépose au lycée plutôt que de prendre le bus… Allez donc savoir pourquoi, ils sont très biens les bus !

Au quotidien 

En dépit d’une rétroversion un peu compliquée, d’une suspension pilotée Bilstein Damptronictrès qui permet de choisir entre dure et très dure malgré un mode confort, d’un rayon de braquage généreux, la GT-R est tout à fait utilisable au quotidien. Sa boite de vitesse est douce, ses freins carbone-céramique Brembo (410 mm à l’avant et 390 mm à l’arrière) et ses étriers Brembo grincent un peu et on est très vigilant au moment de la garer. En effet, la magnifique lame en carbone doit couter un rein et il serait dommage de la déposer sur un trottoir. 

Il est totalement possible de passer récupérer le Drive grâce au coffre qui est profond. Bien entendu, vous passerez souvent à la pompe, les 16 litres au 100 en ville étant une formalité. Mais si vous cherchez une citadine confortable et qui consomme peu, orientez votre choix sur une Micra. 

Quand on hausse le rythme, on retrouve toujours cette sensation de « facilité » à exploiter un tel engin ( voir essai de la version 2011) . Peut-être même est-elle trop facile pour celui qui aime « dominer » sa monture. Et malheureusement, l’amateur de « son » ne trouvera pas son compte car la GT-R rugit plus qu’elle ne chante…

Avis essai Nissan GT-R Nismo

La Nissan GT-R est une voiture capable de tout faire. Péter un chrono sur un circuit comme aller chercher les courses au drive. Son look aimante les regards. Seule sa sonorité n’est pas à la hauteur. Mais une simple pression sur l’accélérateur vous fera sans doute oublier cela.

*Note de la rédaction : cette phrase ne traduit pas la pensée de l’auteur de l’article, mais politiquement c’est bien de l’avoir mise là. 

Texte et photos : P HORTAIL

GALERIE PHOTOS NISSAN GT-R NISMO