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Essai Maserati Levante Trofeo : vive le décalage !

Un SUV de 590 chevaux et de 2,2 tonnes. Voilà comment on peut réduire la description du Levante Trofeo. Mais justement, c’est un peu réducteur…

Est-ce bien nécessaire ?

Un tel véhicule, dans un monde qui pense que la voiture électrique va sauver la planète (on en reparlera dans quelques années), est-il nécessaire ? « La question, elle est vite répondue » : non. Sauf que… les ventes de cette Maserati sont confidentielles. Quelques voitures par an en France. Et du coup, l’impact sur notre environnement est limité. 

D’un point de vue du plaisir de conduire, la réponse est assez similaire. Passer de 0 à 100 km/h en 4,1 secondes est toujours agréable surtout avec le grondement d’un V8 Italien, même suralimenté. Mais attention à la première courbe, car les lois de la pesanteur sont les mêmes pour tous. Certes les ingénieurs de Maserati ont fait tout ce qu’ils peuvent pour verrouiller les mouvements de caisse, il n’empêche que le poids couplé à la hauteur vous obligent à modérer vos envies, ce qui gâche le plaisir. Il en va de même pour tous les SUV survitaminés. Même s’il faut reconnaitre que le Levante s’en sort avec les honneurs.

Un belle catapulte 

Le Levante Trofeo est capable d’atteindre les 300 km/h grâce au V8 Twin turbo de 3,8 litres qui est une version repensée et améliorée en collaboration avec Ferrari du moteur de la Quattroporte GTS. Il développe 580 ch en Europe (590 ch sur d’autres marchés) à 6250 tr/min et un couple de 730 Nm entre 2500 et 5000 tr/min. On arrive à un rapport puissance/litres de 156 chevaux ! Du coup, les remises en vitesse sont surprenantes : il vaut mieux garder un œil sur le compteur de vitesse en permanence. Mais au-delà des chiffres, ce sont les sensations à bord du Levante qui donnent le sourire. La sonorité du moteur ravira tous les occupants !

Le conducteur appréciera la boîte de vitesses automatique ZF à huit rapports et le nouveau mode de conduite Corsa qui s’ajoute aux modes Normal, ICE, Sport et Offroad. Pour ce dernier, on est preneurs de voir le résultat avec des jantes de 22 pouces et des pneus été aussi larges… (265/35 et 295/30 à l’arrière.)

Autant vous dire que pour cette rapide prise en mains (40 minutes dans le cadre des essais organisés par l’AMAM), j’étais surtout en mode « Corsa ». Cette fonction permet de profiter d’une meilleure réponse du moteur à l’accélérateur et d’une bande son spécifique car les flux de gaz sont libérés à travers les soupapes d’échappement grandes ouvertes… On bénéficie aussi d’une boite de vitesse plus rapide, de niveaux de hauteur de suspension pneumatique inférieurs, d’un amortissement Skyhook plus sportif et une transmission intégrale Q4 réglée spécifiquement. L’antipatinage et l’ESP sont plus permissifs aussi tandis que la fonction Launch Control est également disponible.

Design extérieur

Le Levante a bénéficié de retouches esthétiques sur la face avant inférieure, le pare-chocs arrière, les prises d’air latérales. L’arrière reçoit un extracteur inférieur de la couleur de la carrosserie englobant les quatre sorties d’échappement ovales. Le Levante Trofeo est doté d’une calandre avec doubles barres verticales couleur « Black Piano ». Le capot est également nouveau, avec deux extracteurs de chaleur pour un meilleur refroidissement de la culasse. De série, les phares adaptatifs Full LED offrent une visibilité améliorée et durent deux fois plus longtemps selon Maserati. 

Le luxe sportif selon Maserati

Une fois à bord, les passagers profitent d’une finition haut de gamme, à la hauteur des compétences du constructeur. Les sièges sport sont recouverts d’un cuir naturel pleine fleur dont les appuie-tête sont marqués « Trofeo ». Si le son du V8 ne vous suffit pas, vous pourrez toujours avoir recours au système audio Bowers & Wilkins de 1280 watts et 17 haut-parleurs. Personnellement, je ne l’ai pas testé.

Conclusion

Le Levante Trofeo est un OVNI dans le paysage automobile actuel. A contre-courant total, avec une consommation de 30 litres au 100 kilomètres comme relevé lors de notre essai « sportif », il sera haï des écologistes. Mais pas de l’Etat et du malus écologique qui lui font un pont d’or !

Texte et photos : P. HORTAIL

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